Les discussions sur un cessez-le-feu et une libération des otages dans la bande de Gaza,…
Gaza: une délégation israélienne à Doha pour des négociations sur la trêve
Publié le
Une délégation israélienne est attendue lundi à Doha pour des négociations indirectes sur la poursuite du cessez-le-feu à Gaza avec le Hamas, enjeu d’importants désaccords entre les belligérants.
A la veille de ces pourparlers, Israël a accentué la pression sur le Hamas, annonçant qu’il allait couper l’unique ligne électrique avec Gaza, qui y alimente la principale usine de dessalement d’eau du territoire. Le mouvement palestinien a dénoncé un « chantage mesquin et inacceptable ».
Le gouvernement israélien a annoncé l’envoi de sa délégation au Qatar à « l’invitation des médiateurs soutenus par les Etats-Unis », pour « faire avancer les négociations ».
Les négociateurs du mouvement islamiste palestinien, conduits par Mohammed Darwish, sont eux arrivés dimanche dans la capitale qatarie après plusieurs réunions au Caire.
Le même jour, l’envoyé spécial américain pour les otages retenus à Gaza, Adam Boehler, a évoqué un accord sur leur libération « dans les semaines à venir », qualifiant de « très utiles » ses récentes discussions directes et sans précédent avec le Hamas.
Divergences
Laborieusement négocié par l’entremise des Etats-Unis, du Qatar et de l’Egypte, l’accord de trêve a fait taire les armes le 19 janvier après 15 mois d’une guerre dévastatrice à Gaza, déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
Durant la première phase de l’accord, qui a pris fin le 1er mars, le Hamas a rendu 33 otages israéliens, dont huit morts, tandis qu’Israël a libéré environ 1.800 détenus palestiniens.
Les désaccords portent sur la deuxième phase de l’accord, qui prévoit, selon le Hamas, un cessez-le-feu permanent, le retrait complet israélien de Gaza et la libération des otages encore retenus dans le territoire palestinien – 58, dont 34 morts, selon l’armée israélienne.
« Nous exhortons les médiateurs en Egypte et au Qatar, ainsi que l’administration américaine à veiller à ce que l’occupant respecte l’accord, autorise l’entrée de l’aide humanitaire et procède à la deuxième phase », a déclaré dimanche à l’AFP le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem.
Israël, de son côté, souhaite une extension de la première phase du cessez-le-feu jusqu’à la mi-avril, et réclame, pour passer à la deuxième, la « démilitarisation totale » du territoire, le départ du Hamas du territoire palestinien qu’il dirige depuis 2007, et le retour des derniers otages.
Invoquant le refus du Hamas de se plier à ces conditions, Israël bloque depuis le 2 mars l’entrée dans le territoire palestinien de l’aide humanitaire, vitale pour les quelque 2,4 millions de Gazaouis.
Le projet « prend forme »
Alors que chaque camp accuse l’autre de violer la trêve, l’armée israélienne a aussi mené dimanche une frappe aérienne contre des combattants palestiniens qui, selon elle, « tentaient de cacher un engin explosif » dans le nord de Gaza. Elle a fait état d’un nombre indéterminé de « terroristes » tués.
L’avenir de Gaza est un enjeu crucial dans les tractations. Début février, le président Donald Trump a suscité un tollé international en lançant l’idée d’une prise de contrôle du territoire par les Etats-Unis et de l’expulsion de ses habitants pour en faire la « Riviera du Moyen-Orient ».
Le projet « prend forme, il y a des actions en cours, en coordination avec l’administration » américaine, a affirmé dimanche le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, figure de l’extrême droite.
En riposte à l’attaque du 7-Octobre, Israël a juré d’anéantir le Hamas et lancé une offensive tous azimuts à Gaza qui a fait au moins 48.458 morts, majoritairement des civils, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Elle a provoqué une crise humanitaire majeure dans le territoire palestinien.
L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.218 personnes, la plupart des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité après leur enlèvement ce jour-là.
