À l'issue du Conseil des ministres présidé par le Roi Mohammed VI, dimanche, le Conseil…
Investissement public: un pic pour 2026, et après?
Publié le
Le volume d’investissement public prévu pour 2026 atteint un niveau inédit, avant de faiblir sur les deux années suivantes. De quoi interroger sur la soutenabilité de cette trajectoire budgétaire.
Selon les documents de cadrage du Projet de loi des Finances 2026, le portefeuille public des établissements et entreprises publics (EEP) s’apprête à franchir un seuil historique en 2026.. Le volume des investissements publics devrait atteindre quelques 180 milliards de dirhams, marquant une hausse de 6 % par rapport à 2025.
Cette montée en puissance, contenue dans le PLF, confirme le rôle stratégique des EEP dans la relance économique et la transformation structurelle du pays. En 2025, l’effort d’investissement s’établissait à 169,8 milliards de dirhams, concentré autour de trois régions : Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi, qui cumulaient à elles seules plus de 64 % de l’enveloppe globale. En 2026, cette concentration se prolonge, avec des parts respectives de 31,2 %, 14,6 % et 14,6 %, accentuant les disparités interrégionales.
L’année 2027 devrait marquer un infléchissement de cette dynamique. Les prévisions de l’Exécutif tablent sur une baisse de 12 % des investissements portés par les EEP, pour s’établir à 158,9 milliards de dirhams. Ce recul, bien que modéré, interroge la soutenabilité du portefeuille public à maintenir à long terme cette trajectoire ascendante.
Lire aussi. PLF 2026: quel prix pour la bonbonne de gaz?
Cela d’autant plus que la voie empruntée par les appareils en charge des dépenses de l’Etat sont plus engagés dans une logique de rationalisation budgétaire et de révision des priorités. Les projections pour 2028 annoncent d’ailleurs une reprise desdits investissements à 167,5 milliards, sans pour autant retrouver le niveau de 2026. Ce qui laisse dénoter du caractère exceptionnel de cette dernière.
Investissement public 2027 : repli annoncé, trajectoire révisée
La comparaison des trois exercices – 2025, 2026 et 2027 – révèle une dynamique d’investissement marquée par une poussée ponctuelle suivie d’un repli, avant une reprise partielle. Cette configuration traduit une logique conjoncturelle plus qu’une planification pluriannuelle structurée. Elle soulève des interrogations sur la soutenabilité de l’effort, la cohérence des arbitrages budgétaires et les risques de désynchronisation avec les objectifs du nouveau modèle de développement.
Lire aussi. GenZ212 a été entendu: le PLF 2026 mise gros sur l’éducation et la santé
Ce dernier appelle à une territorialisation équitable des investissements, à une valorisation des spécificités locales et à une convergence des efforts publics en faveur des régions à faible intensité d’investissement. Or, les données du PLF 2026 confirment la persistance d’un déséquilibre géographique, avec des parts régionales souvent inférieures à 3 % dans les zones enclavées comme Drâa-Tafilalet, Souss-Massa ou Dakhla-Oued Eddahab.
Dans ce contexte, l’introduction systématique de critères d’impact territorial, d’équité régionale et de cohérence avec les objectifs de la régionalisation avancée devient impérative. L’enjeu n’est plus seulement celui du volume, mais celui de la répartition, de la lisibilité et de la durabilité de l’investissement public. À défaut, le pic de 2026 pourrait n’être qu’un sommet isolé dans une trajectoire encore incertaine.
