Les Marocains, vice-champions d’Afrique de la dette

Publié le
banques, Bank Al-Maghrib , BAM,secteur bancaire marocain, 
© DR.

Les ménages marocains occupent la 2e place en Afrique en matière d’endettement, selon la BEI. Les encours du crédit bancaire se sont établis à 1.137,1 milliards de dirhams (MMDH) durant les neuf premiers mois de 2024.

Le crédit a beau avoir stagné au Maroc ces derniers temps, certaines tendances demeurent: l’endettement des ménages ne cesse de progresser de façon continue, sous l’effet, notamment, d’une politique monétaire accommodante et d’une économie nationale assez flexible.

Selon un rapport de la Banque Européenne d’Investissement (BEI), le Maroc fait partie des quatre pays africains qui ont dépassé les niveaux d’endettement des marchés émergents. Les Marocains seraient même vice-champions de la dette dans le continent juste derrière l’Afrique du Sud. Avec un taux d’endettement atteignant 30 % du produit intérieur brut (BIP), les ménages marocains dépassent de loin des pays comme le Kenya, le Nigeria ou encore l’Égypte en matière d’endettement.

L’encours du crédit bancaire s’est, en effet, établi à 1.137,1 milliards de dirhams (MMDH) durant les neuf premiers mois de 2024, en hausse de 4,9% d’une année à l’autre, selon Bank Al-Maghrib (BAM). Cet encours se répartit sur les agents non financiers avec 945,9 MMDH et les agents financiers (191,2 MMDH), précise BAM dans son récent tableau de bord «Crédits-Dépôts bancaires».

« Sur les 18 pays africains pour lesquels des données sont disponibles, 13 affichent un niveau d’endettement des ménages inférieur à 10% du PIB. En outre, le Nigeria, la Tunisie, le Maroc et l’Afrique du Sud sont les seuls pays à enregistrer des taux d’endettement des ménages supérieurs à la moyenne des marchés frontière (ou pré-émergents), mais qui restent néanmoins inférieurs aux moyennes des marchés émergents et des économies en développement . À mesure que les économies africaines développent des marchés du crédit plus matures, les possibilités de prêt aux ménages pourraient représenter une perspective de croissance importante pour les banques et une source de financement pour l’investissement », explique le rapport « La finance en Afrique« . 

Lire aussi. L’endettement du Maroc est à des niveaux « gérables », assure Lahlimi

En effet, explique la BEI, le Maroc dispose d’un système bancaire parmi » les plus profonds et les plus sophistiqués d’Afrique, et son ratio crédit au secteur privé/PIB s’établit à 88 % ». L’institution européenne note aussi que les grandes banques marocaines ont développé leurs activités en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne et sont présentes dans quelque 45 pays. « Les encours transfrontaliers des trois plus grandes banques représentent environ 27 % de leurs actifs », renchérit le rapport.

grafique bei

Le ratio de prêts non productifs est resté stable, à 8,6 %, en 2023. Mais les entreprises marocaines présentent des taux de défaillance sur les prêts légèrement plus élevés. « Certaines d’entre elles ont rencontré des difficultés à rembourser les prêts bonifiés accordés pendant la pandémie de COVID-19 », précise la BEI.

Le rapport remarque une hausse des taux d’intérêt qui « a favorisé de la même manière la rentabilité des banques ». Ceci a également bénéficié des ressources à faible coût provenant des comptes courants et des comptes d’épargne. « En conséquence, le rendement des fonds propres des banques marocaines s’est amélioré, passant de 10,9 % en 2022 à 11,8 % au premier semestre de 2023 », révèle le document.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Les Marocains, vice-champions d’Afrique de la dette

S'ABONNER
Partager
S'abonner