Affaire Epstein: quels liens avec le Maroc?

Publié le
Epstein, Maroc, Jet privé, Jeffrey Epstein, Epstein Files.
Jeffrey Epstein dans son jet privé. DR

Les archives déclassifiées de l’affaire Epstein révèlent, en filigrane, des traces de son réseau au Maroc. Séjours évoqués, projet immobilier à Marrakech, relais d’influence et zones d’ombre persistantes: les documents dessinent un tableau partiel, sans établir d’activités criminelles dans le Royaume.

Alors que les “Epstein Files” continuent d’être disséqués par les médias internationaux, les documents déclassifiés ces derniers mois dessinent une cartographie élargie du réseau tentaculaire de Jeffrey Epstein. Parmi les zones qui apparaissent en filigrane, le Maroc occupe une place discrète mais récurrente. Rien, à ce stade, n’indique des activités criminelles documentées sur le sol marocain, mais les archives révèlent des déplacements, des projets immobiliers et des tentatives de réseautage qui éclairent la stratégie d’influence internationale du financier américain.

Des documents et témoignages évoquent des séjours d’Epstein au Maroc, notamment à Marrakech, une destination prisée de son cercle relationnel. Ces voyages s’inscrivaient dans une logique plus large: multiplier les points d’ancrage hors des États‑Unis, diversifier ses réseaux et explorer des environnements jugés accueillants pour l’élite internationale. L’ensemble de ces déplacements n’est toutefois pas exhaustivement documenté, les registres de vol publiés restant partiels.

Un projet immobilier à Marrakech

Parmi les éléments les plus tangibles figure un projet d’investissement immobilier à Marrakech. Des échanges mentionnés dans les archives judiciaires américaines évoquent l’intérêt d’Epstein pour un riad de haut standing, porté à son attention par des intermédiaires proches de l’élite intellectuelle française.

Le nom de l’ancien ministre de la Culture Jack Lang apparaît dans les carnets de contacts d’Epstein, comme celui d’autres personnalités politiques et culturelles. Rien ne permet d’affirmer que la transaction a été finalisée, mais ces correspondances confirment l’existence d’un projet d’ancrage immobilier dans le Royaume.

Lire aussi. Affaire Epstein: la fille de Jack Lang démissionne du Syndicat des producteurs indépendants

Les documents déclassifiés montrent également qu’Epstein cherchait à renforcer ses liens dans plusieurs pays arabes, dont le Maroc. Des courriels attribués à sa complice Ghislaine Maxwell ou à des membres du réseau évoquent des demandes de facilités d’entrée, des contacts diplomatiques potentiels ou des événements mondains. Ces éléments illustrent la manière dont le financier tentait d’étendre son influence et de s’assurer une forme de protection sociale par la fréquentation de cercles de pouvoir.

Jean‑Luc Brunel, un acteur clé aux zones d’ombre persistantes

Un volet important des archives concerne Jean‑Luc Brunel, agent de mannequins et proche associé d’Epstein. Son nom apparaît dans des témoignages évoquant l’utilisation de réseaux de mannequins à l’international, y compris dans des pays fréquentés par l’élite internationale, parmi lesquels le Maroc. Mis en examen pour viols sur mineurs, Brunel est mort en détention en 2022, emportant avec lui des éléments clés sur l’étendue exacte de ses activités et laissant en suspens plusieurs zones d’ombre sur son rôle dans le réseau.

Lire aussi. Norvège : l’affaire Epstein fragilise davantage la princesse héritière Mette-Marit

Plusieurs personnalités internationales, déjà connues pour fréquenter régulièrement le Maroc, apparaissent également dans les archives d’Epstein. Les archives mentionnent des dîners, des invitations et des échanges qui confirment l’omniprésence d’Epstein dans ces sphères de sociabilité.

Un tableau encore incomplet

À ce stade, les recoupements permettent d’établir plusieurs certitudes : Epstein a séjourné au Maroc, il a envisagé un investissement immobilier à Marrakech, et il a activé son réseau pour y développer des contacts d’influence, sans succès. En effet, aucune preuve déclassifiée ne montre qu’il ait organisé ou commis des crimes spécifiquement sur le territoire marocain. Et aucune enquête marocaine n’a été ouverte à ce sujet.

Les liens entre Epstein et le Maroc demeurent donc partiels et indirects. Les archives dessinent pour l’instant le portrait d’un homme cherchant à étendre son influence et à explorer des opportunités d’investissement dans le Royaume, sans que cela ne débouche — pour l’heure — sur des faits répréhensibles documentés localement par la justice.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Affaire Epstein: quels liens avec le Maroc?

S'ABONNER
Partager
S'abonner