Le Maroc a démenti vendredi qu'un de ses ressortissants, arrêté mercredi en Allemagne pour espionnage…
Ahmed Boukhari, ancien agent du CAB-1 et auteur, n’est plus
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Ahmed Boukhari, ancien officier des services de renseignement marocains, notamment du CAB-1, premier service anti-subversion du pays, s’est éteint dimanche 16 février à l’âge de 87 ans.
Né en 1938 à Safi au sein d’une famille originaire de Meknès, Ahmed Boukhari a effectué ses études dans sa ville natale, avant de rejoindre la Sûreté nationale à l’aube de l’indépendance du Maroc.
Après une longue carrière au sein des services de renseignement, Boukhari, une fois à la retraite, s’est livré à des révélations aussi rares qu’inédites. Auteur de deux ouvrages chocs – Le Secret: Ben Barka et le Maroc et Raisons d’États: tout sur l’affaire Ben Barka et d’autres crimes politiques au Maroc –, il a marqué la scène marocaine par ses révélations.
Témoin clé dans l’affaire Ben Barka, du nom de l’opposant marocain et leader du mouvement tiers-mondiste et panafricaniste, Boukhari a levé le voile sur des détails inédits concernant l’enlèvement à Paris, en octobre 1965, de ce leader de l’Union nationale des forces populaires (UNFP), opposant au règne de Hassan II.
Dans son second livre, ce policier devenu espion, qui avait reçu une formation dispensée par des agents de la CIA au début des années 1960, relate les opérations de la Direction de la surveillance du territoire (DST), ancêtre de l’actuelle DGST, et notamment la répression des mouvements dissidents entre les années 1960 et 1980.
Ces dernières années, bien qu’affaibli par l’âge, Boukhari a choisi de compléter ses révélations en publiant des confessions-mémoires diffusées sur YouTube.
Au fil de 466 épisodes, il est revenu sur des événements longtemps restés dans l’ombre de l’histoire postcoloniale du Maroc. Le dernier épisode de ces confessions a été publié le vendredi 14 février, soit deux jours avant sa disparition.
