Bourita à Madrid: cap sur la gestion de l’espace aérien du Sahara et le tracé des frontières maritimes avec les Canaries

Publié le
Maroc–Espagne : Rabat plaide pour des « solutions innovantes » sur les frontières maritimes et dénonce la surveillance espagnole des vols internes
© DR

À Madrid, Bourita appelle à des solutions « innovantes » pour l’espace aérien du Sahara et les frontières maritimes, tout en saluant l’essor des relations Maroc–Espagne.

Le Maroc a officiellement affirmé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, être arrivé à la Réunion de haut niveau tenu jeudi à Madrid avec deux dossiers stratégiques: le transfert de la gestion de l’espace aérien du Sahara et la délimitation des frontières maritimes avec les îles Canaries. Rabat dit vouloir avancer vers un règlement clair tout en laissant la porte ouverte à des « options alternatives » et non traditionnelles.

Publicité

Dans un entretien accordé à l’agence de presse espagnole EFE, Nasser Bourita, tout en saluant la qualité actuelle des relations bilatérales, a insisté sur la nécessité de trouver des « solutions innovantes » concernant les principaux dossiers encore en suspens entre Rabat et Madrid, notamment la demande marocaine de reprendre la gestion du trafic aérien dans la région du Sahara et la question de la délimitation des espaces maritimes au sud-ouest des Canaries.

Gestion de l’espace aérien, un anachronisme inacceptable

Évoquant la gestion du ciel saharien aujourd’hui opérée par l’Espagne pour une partie du trafic civil, le chef de la diplomatie a estimé qu’un changement s’impose : « Il n’est pas logique qu’un vol entre Marrakech et Laâyoune ou Dakhla soit sous la supervision d’une tour de contrôle espagnole pendant une partie du trajet, d’autant plus que la sécurité de l’avion dépend du Maroc. »

Publicité

Concernant la délimitation des frontières maritimes qui pourrait permettre au Maroc d’étendre sa zone économique exclusive en direction du mont Tropic — riche en cobalt, tellure et autres métaux rares —, il a précisé qu’il s’agit de « l’ensemble de l’espace maritime atlantique », et non d’un dossier limité aux régions sahariennes.

La diplomatie avant tout

Bourita a laissé entendre que Rabat privilégie une approche strictement diplomatique pour avancer sur ces deux questions, tout en soulignant que les dossiers sont bel et bien ouverts sur la table des discussions. Il a exprimé sa confiance dans la possibilité de dégager des solutions créatives « préservant les intérêts de l’Espagne tout en respectant les droits et la réalité marocaine ».

La 13ᵉ réunion de haut niveau entre le Maroc et l’Espagne a également permis au responsable gouvernemental de souligner la progression continue des relations bilatérales, tout en rappelant que ce rapprochement repose largement sur la position espagnole concernant la question du Sahara. « Le niveau actuel des relations n’a pas d’équivalent dans l’histoire des deux pays », a-t-il assuré.

Publicité

L’Espagne, premier partenaire

Dans la même veine, Nasser Bourita a évoqué l’étendue de la coopération maroco-espagnole, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, d’encadrement des flux migratoires, d’échanges commerciaux et d’investissements, faisant état de « chiffres impressionnants » illustrant cette dynamique. « L’Espagne est aujourd’hui le premier partenaire économique du Maroc, notre coopération sécuritaire est exemplaire et le travail conjoint sur la migration est efficace », a-t-il affirmé.

Lire aussi: 13e RHN Maroc-Espagne: signature de 14 accords de coopération

Répondant indirectement aux discours relayés par le Polisario et l’Algérie selon lesquels « les ambitions expansionnistes du Maroc » menaceraient les Canaries après le règlement du dossier du Sahara, le ministre des Affaires étrangères a déclaré que « les acteurs politiques cherchant à perturber cette relation ont reçu la meilleure réponse : le succès de cette réunion ».

Publicité

De son côté, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré jeudi que les relations entre Madrid et Rabat traversent actuellement « leur meilleur moment historique », se disant satisfait de la qualité de la coopération bilatérale, selon un communiqué de son ministère.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Bourita à Madrid: cap sur la gestion de l’espace aérien du Sahara et le tracé des frontières maritimes avec les Canaries

S'ABONNER
Partager
S'abonner