Chantage au roi Mohammed VI: condamnations en appel pour Catherine Graciet et Eric Laurent

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Chantage au roi Mohammed VI: Laurent et Graciet écopent d'un an de prison avec sursis et d'une amende de 10.000 euros
Les journalistes Eric Laurent et Catherine Graciet, ont été reconnus coupables d'avoir tenté de faire chanter le roi du Maroc en 2015 et condamnés, mardi 14 mars 2023 à Paris, à un an de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende. © DR.

Deux journalistes français ont été condamnés jeudi en appel à des peines de dix et douze mois de prison avec sursis, pour avoir voulu faire chanter le roi du Maroc en 2015 en réclamant de l’argent en contrepartie de la non-publication d’un livre.

La cour d’appel de Paris a condamné Catherine Graciet et Eric Laurent respectivement à dix et douze mois de prison avec sursis, et à 5.000 euros d’amende chacun, a appris l’AFP de source judiciaire. En première instance, les journalistes avaient été condamnés à un an de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende chacun.

Déjà auteurs en 2012 d’un ouvrage sur Mohammed VI, « Le roi prédateur », ils avaient signé un contrat pour un second tome sur le même sujet.

A l’été 2015, Laurent, ancien reporter de Radio France et du Figaro Magazine et auteur de nombreux ouvrages, avait contacté le secrétariat particulier du roi. S’en était suivie une rencontre dans un palace parisien avec l’avocat Hicham Naciri, émissaire du Royaume.

Après ce premier rendez-vous, le Maroc avait porté plainte et une enquête avait été ouverte: deux autres rendez-vous s’étaient ensuite tenus sous surveillance policière les 21 et 27 août.

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Catherine Graciet, notamment autrice de livres sur le Maghreb et la Libye, n’était présente qu’à la troisième entrevue, au cours de laquelle les deux journalistes avaient signé un accord financier à hauteur de 2 millions d’euros pour abandonner le livre.

A l’issue, ils avaient été interpellés avec deux enveloppes contenant chacune 40.000 euros en liquide. Pour le tribunal correctionnel de Paris, les deux journalistes ont eu une « démarche commune » et ils ont exercé une « pression » sur l’émissaire en parlant entre autres d’un livre qui serait « dévastateur » pour le Royaume.

Selon le jugement, « le prix du silence, c’est-à-dire correspondant à la non-parution du livre, non seulement vient des deux journalistes, mais le montant fixé aussi ».

Les journalistes avaient toujours contesté avoir formulé une quelconque menace mais reconnu avoir commis une « erreur déontologique » en acceptant une proposition d’arrangement financier émanant de Rabat.

 

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