Un membre du Congrès américain vient de déposer un projet de loi visant à inscrire…
Congrès américain: l’étau se resserre sur le Polisario
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Portée par des révélations accablantes sur les liens opérationnels entre la milice du Polisario, le régime algérien et l’appareil militaire iranien, la proposition de loi H.R. 4119 visant à classer le Polisario comme organisation terroriste gagne une dynamique bipartisane sans précédent. L’arrivée du démocrate Marc Veasey parmi les co‑sponsors marque un tournant majeur.
Le 29 mai, le représentant démocrate du Texas Marc Veasey a rejoint la liste des co‑sponsors de la proposition de loi « Polisario Front Terrorist Designation Act » (H.R. 4119), un texte exigeant du Département d’État qu’il enclenche la procédure de désignation du Polisario comme organisation terroriste étrangère (FTO).
Ce ralliement constitue un revers cinglant pour Alger et ses réseaux de lobbying, qui voyaient encore dans ce dossier une initiative marginale de l’aile conservatrice. La réalité est désormais implacable : le classement du Polisario comme organisation terroriste est devenue un objectif partagé par des élus des deux partis, convaincus de la menace sécuritaire que représente la milice armée soutenue par l’Algérie.
Contrairement au narratif entretenu par les relais séparatistes, la H.R. 4119 n’est plus un texte uniquement républicain. Le premier soutien démocrate, Jimmy Panetta, avait déjà donné le ton en juin 2025. L’arrivée de Marc Veasey — figure respectée du caucus démocrate texan — confirme que le dossier dépasse désormais les clivages partisans.
Avec ces deux piliers démocrates, la proposition de loi dispose d’un socle politique solide pour avancer à la Chambre des représentants. Le consensus américain se forme autour d’une certitude, celle que le Polisario constitue une menace régionale alimentée par des puissances hostiles aux intérêts occidentaux.
Le camp républicain, lui, avance en rangs serrés. Elise Stefanik, figure centrale de la majorité, a donné au texte une visibilité stratégique tandis que Mario Diaz‑Balart et Maria Elvira Salazar, spécialistes reconnus des dossiers de sécurité internationale, ont méthodiquement verrouillé l’argumentaire législatif. En parallèle, des élus très proches des milieux de la Défense comme Zachary Nunn, Don Bacon, Tim Moore, Pat Harrigan et Jefferson Shreve ont renforcé la pression pour que Washington mette enfin un terme à l’impunité de la milice de Tindouf. Fort de ses 14 co‑sponsors officiels, le texte de la H.R. 4119 avance désormais avec une force politique difficile à enrayer.
L’axe Téhéran–Alger–Tindouf au centre des inquiétudes américaines
Si le Congrès accélère le pas, c’est parce que les éléments accumulés ces derniers mois sont jugés extrêmement préoccupants par le renseignement et les commissions. Les rapports évoquent notamment le transfert de drones iraniens vers les camps de Tindouf, dont certains modèles sont directement utilisés par l’IRGC. À cela s’ajoutent une coordination logistique étroite entre les cadres du Polisario et les réseaux iraniens dans la zone sahélo‑saharienne, ainsi que le rôle profondément déstabilisateur de la milice dans une région déjà minée par les groupes armés.
Ces éléments graves ont été largement cités par les élus républicains et démocrates soutenant le texte, qui considèrent le Polisario comme un véritable relais opérationnel de l’Iran en Afrique du Nord. Au Sénat, la proposition jumelle S. 4063, portée par Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott, avance en parallèle, ce qui vient accentuer la pression institutionnelle sur l’administration américaine.
Si le Département d’État valide la procédure, la désignation formelle du Polisario comme organisation terroriste étrangère scellera le sort des séparatistes. Les sanctions prévues par la loi entraîneront le gel total de leurs avoirs financiers, une interdiction stricte d’entrée sur le territoire américain, de lourdes sanctions pénales pour toute assistance matérielle ou financière, ainsi qu’un isolement diplomatique immédiat sur la scène internationale. Pour Alger et les dirigeants du Polisario, l’enjeu est désormais existentiel : la porte du Congrès américain est en train de se refermer définitivement sur eux.
