Défense : le Maroc abritera le 1er centre régional de formation aux drones

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Le général de division Mohammed Lakouti (à gauche), des forces armées marocaines, et le général de division Crépin Sosthène Ngari, des forces armées gabonaises, se saluent à l'occasion de l'ouverture du Sommet des forces terrestres africaines à Rome. (Photo : Sergent-chef Catessa Palone/Armée américaine)
Le général de division Mohammed Lakouti (à gauche), des forces armées marocaines, et le général de division Crépin Sosthène Ngari, des forces armées gabonaises, se saluent à l'occasion de l'ouverture du Sommet des forces terrestres africaines à Rome. © Sergent-chef Catessa Palone/Armée américaine

Réunie à Rome les 23 et 24 mars, la 13e du Sommet des forces terrestres africaines (ALFS) a marqué un tournant technologique majeur. Sous l’impulsion des États-Unis, le Maroc a été désigné pour accueillir le premier centre régional de formation aux drones, un projet pilote destiné à être étendu à l’ensemble du continent.

Le sommet, organisé par la Task Force de l’armée américaine pour l’Europe du Sud et l’Afrique (SETAF-AF), a rassemblé plus de 300 participants venus de 47 pays. Comme le rapporte la revue spécialisée ADF Magazine, cette édition s’est distinguée par l’intégration, pour la première fois, de représentants de l’industrie de défense mondiale afin de répondre concrètement aux défis sécuritaires de l’Afrique.

Le général Christopher Donahue, commandant de l’armée américaine pour l’Europe et l’Afrique, a profité de ce forum pour dévoiler un plan ambitieux. Selon ADF Magazine, l’initiative débutera par un module de formation pilote lors de l’exercice African Lion 2026, qui se déroulera en avril et mai au Maroc, mais aussi au Ghana, au Sénégal et en Tunisie.

Ce module ne sera que la première étape. L’objectif final est l’établissement d’un centre régional de formation permanent au Maroc. « Il s’agit d’une capacité durable et pérenne qui, une fois son efficacité prouvée, pourra être déployée dans d’autres régions d’Afrique », a déclaré le général Donahue. Ce centre ne se contentera pas de l’aspect technique ; il servira de plateforme d’innovation où les partenaires pourront identifier des problèmes de sécurité complexes et concevoir des solutions technologiques adaptées.

La technologie au service de la sécurité régionale

L’importance des drones (UAV) a été au cœur des débats. Le général de division nigérian Saidu Audu, commandant de la Force multinationale mixte (MNJTF), a souligné à quel point ces outils sont devenus vitaux pour la collecte de renseignements dans la lutte contre le terrorisme dans le bassin du lac Tchad.

Le futur centre marocain vise justement à démocratiser cet avantage technologique. Selon le colonel William Daniel de la SETAF-AF, cité par ADF Magazine, l’enjeu est de passer de « l’identification des défis au déploiement de solutions » grâce à des outils « éprouvés et évolutifs ».

Lire aussi. African Lion 26: plus de 40 technologies militaires de pointe US seront testées au Maroc

Lors de la clôture de la conférence, le lieutenant-général John W. Brennan Jr., commandant adjoint de l’AFRICOM, a insisté sur l’urgence d’innover plus vite que les adversaires : « La révolution technique en cours est implacable. C’est un défi, mais aussi une opportunité de maintenir notre avantage ».

En plaçant le Maroc au centre de cette stratégie de formation aux nouvelles technologies, Washington confirme le rôle de pivot du Royaume dans l’architecture de sécurité africaine. Pour Rabat, cette initiative renforce son statut de leader régional, capable de transformer des enjeux de défense en opportunités de coopération technologique et de stabilité pour le Grand Maghreb et au-delà.

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