Le centre Georges Pompidou a suspendu une exposition pro-Polisario qui devait se poursuivre jusqu’en juillet…
Un réseau pro-Hezbollah reçu par le Polisario: une nouvelle preuve de l’ancrage iranien à Tindouf
Publié le
La réception par le Polisario d’une délégation religieuse issue de milieux syro-libanais proches du Hezbollah et de l’Iran relance les inquiétudes sur l’enracinement croissant de l’influence iranienne dans les camps de Tindouf. Derrière une visite présentée comme spirituelle, se dessine un réseau politico-idéologique inquiétant, soutenu par Alger et aligné sur l’axe Téhéran–Beyrouth.
Une visite aux implications politiques lourdes a attiré l’attention après la réception par le prétendu « ministre des Affaires religieuses et de l’Enseignement originel » de la prétendue République sahraouie, Sidi Ahmed Aliat, d’une délégation de “savants du Cham”, accompagnée par le représentant du mouvement séparatiste au Machrek (Proche-Orient), Mustapha Lektab.
Bien que la direction du Polisario ait tenté de présenter l’événement sous un habillage religieux et académique, l’identité des membres du groupe révèle une réalité bien plus stratégique : la délégation appartient à une nébuleuse religio-politique proche du Hezbollah et de l’Iran.
Des cercles pro-Hezbollah et pro-Iran
Le groupe reçu par l’entité séparatiste est constitué de prédicateurs et universitaires libanais et syriens, pour la plupart associés à des cercles religieux pro-Hezbollah et pro-Iran. La figure la plus notable est Hadid Khalaf Al-Darwish, chef tribal syrien soutenant publiquement le Hezbollah et Téhéran.
Ce dernier était apparu en 2022 dans une rencontre officielle au Liban aux côtés du cheikh Ahmed Al-Qattan, où il avait tenu des propos glorifiant le rôle militaire du Hezbollah en Syrie et remercié ouvertement l’Iran pour son soutien au régime syrien. « Nous remercions Hassan Nasrallah et la résistance islamique, et nous n’oublions pas la République islamique d’Iran qui a soutenu le peuple syrien », avait-il déclaré.
Énième indice d’un rapprochement
Dans ce contexte, il devient difficile de considérer cette visite comme un simple déplacement religieux. Elle constitue plutôt un nouvel indice du rapprochement stratégique entre le Polisario et l’axe Téhéran–Beyrouth, et révèle l’enracinement progressif d’un réseau d’influence iranien dans les camps de Tindouf.
Alors que l’Iran cherche depuis plusieurs années à pénétrer la région du Sahel et du Sahara, le Polisario apparaît comme un vecteur opérationnel idéal — à l’image des Houthis au Yémen, du Hezbollah au Liban et des milices affiliées en Irak et en Syrie.
Le Polisario, relai de l’Iran en Afrique du Nord
Les récentes activités diplomatiques du Polisario au Moyen-Orient et la réception de délégations proches du Corps des gardiens de la révolution islamique confirment que le mouvement dépasse désormais le cadre d’un simple groupe séparatiste : il devient un maillon supplémentaire dans la stratégie d’expansion iranienne.
🛎️البوليساريو وحزب الله اللبناني
وفد ديني مرتبط بحزب الله يزور مخيمات البوليساريو: خيوط جديدة تكشف علاقة الجبهة بمحور طهران – بيروت ودور الجزائر في التغطية
خطوة لافتة لا تخلو من الرسائل السياسية العميقة كشفتها الزيارة التي استقبل خلالها ما يُسمى بـ « وزير الشؤون الدينية… pic.twitter.com/z5VpiQ4ZnV
— وليد كبير Oualid KEBIR🇩🇿 (@oualido) November 24, 2025
L’ironie est d’autant plus frappante que l’Algérie, principal soutien politique, financier et militaire du Polisario, avait voté récemment au Conseil de sécurité en faveur d’une résolution condamnant les Houthis (autre relai de l’Iran au Proche-Orient) et prolongeant les sanctions contre leurs dirigeants, dans une tentative de projeter une image de pays « responsable » et équilibré sur la scène internationale.
Double posture du régime algérien
Mais la réalité contredit ce discours, selon le journaliste algérien Oualid Kébir (orthographe correcte confirmée).
Ce dernier affirme : « En soutenant fermement un mouvement qui accueille des figures proches de Téhéran et du Hezbollah, l’Algérie ouvre de facto la porte à une présence iranienne active en Afrique du Nord, tout en essayant de se présenter comme opposée à l’influence de l’Iran dans d’autres crises régionales. »
« Ce décalage révèle une double posture flagrante du pouvoir algérien, qui n’hésite pas à laisser l’axe iranien–Hezbollah s’implanter dans la région dès que cela sert sa stratégie d’affaiblissement géopolitique du Maroc », poursuit la même source.
« La visite récente n’est donc pas un événement isolé : elle constitue une preuve supplémentaire de la transformation du Polisario en relai du projet d’expansion iranien, avec la bénédiction – directe ou indirecte – d’Alger, en contradiction totale avec son discours officiel au Conseil de sécurité et ses déclarations sur la lutte contre l’extrémisme », conclut le journaliste algérien en exil.
