Deux jeunes franco-marocains auraient été tués à bord de leur jet ski par des coups…
Quand la marine algérienne fait feu: exécutions extrajudiciaires et violations du droit international en Méditerranée
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La mort tragique d’Oussama Hemham, jeune footballeur marocain originaire d’Al Aroui, suscite une vive émotion. Alors qu’il tentait de rejoindre clandestinement l’Europe à bord d’un bateau rapide, il a été abattu par des tirs de la marine algérienne après que l’embarcation a dérivé vers les eaux territoriales de l’Algérie.
Le jeune joueur marocain Oussama Hemham, ancien défenseur des couleurs de plusieurs clubs amateurs, dont l’Espoir Sportif d’Al Aroui, a trouvé la mort après avoir essuyé des tirs de la marine algérienne.
La région d’Al Aroui, située à proximité de Nador, a été plongée dans la stupeur à l’annonce de cette tragédie. Le drame est survenu après que l’embarcation de fortune transportant Hemham et d’autres candidats à l’émigration irrégulière a dérivé vers les eaux territoriales algériennes.
Dans un communiqué publié sur sa page Facebook officielle, l’Espoir Sportif d’Al Aroui a exprimé sa douleur : « C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de notre ancien joueur, qui se trouvait à bord d’un bateau de type « Phantom » parti de Saïdia, et qui a été intercepté par les gardes-côtes algériens ayant ouvert le feu ».
Le club a également présenté ses condoléances les plus sincères à la famille du défunt.
Dérives sanglantes de la marine algérienne
Selon une source informée, Oussama Hemham faisait partie d’un groupe de jeunes Marocains ayant embarqué à bord d’un bateau rapide dans le but de rejoindre les côtes européennes. L’intervention armée de la marine algérienne aurait tourné au drame : le jeune footballeur, qui se trouvait debout au moment de l’interception, a été touché par plusieurs balles, provoquant son décès sur place.
La mort tragique d’Oussama Hemham ravive de profondes inquiétudes sur les pratiques répressives des forces algériennes, tant maritimes que terrestres, à l’encontre des civils franchissant les frontières. Ce n’est pas un incident isolé. Au contraire, il s’inscrit dans une série de drames similaires survenus ces derniers mois et années, visant essentiellement de jeunes Marocains.
Quand l’histoire se répète dans le sang
Ce drame renvoie à un autre épisode tragique qui, en 2023, avait déclenché une tempête médiatique et diplomatique. Deux jeunes Marocains, ayant également la nationalité française, avaient été tués par balles alors qu’ils avaient franchi accidentellement les eaux territoriales algériennes à bord d’un jet-ski, depuis Saïdia.
Malgré leurs tentatives d’expliquer leur erreur de navigation et leur volonté de regagner la côte marocaine, les garde-côtes algériens ont ouvert le feu, tuant Bilal Kissi et Abdelali Mechaouer, et arrêtant un troisième passager, Ismaïl Snabi, transféré ensuite en Algérie.
Tirs sans distinction
Ce qui choque davantage, c’est que la brutalité de la marine algérienne ne semble pas s’arrêter aux nationalités étrangères. Il y a quelques semaines à peine, trois jeunes Algériens ayant tenté de rejoindre leur pays par la mer depuis le Maroc ont été pris pour des intrus.
Un soldat algérien a mis en joue le trio, les prenant pour des Marocains infiltrés, avant qu’un militaire marocain n’intervienne pour préciser leur identité, ce qui a permis leur transfert sans violence. Une tension évitée de peu, mais révélatrice de l’état de paranoïa opérationnelle de l’armée algérienne.
Même la mort n’ouvre pas les frontières !
Les dérives ne s’arrêtent pas aux tirs. L’affaire du joueur Abdellatif Akhrif, ancien de l’Ittihad Tanger, en est un exemple glaçant. Mort noyé près du détroit, son corps a été rejeté sur les côtes algériennes.
Sa mère, bouleversée, avait lancé un appel poignant relayé massivement sur les réseaux sociaux et dans la presse. L’Algérie est restée silencieuse durant plusieurs semaines, refusant de restituer le corps, jusqu’à ce qu’une pression médiatique intense contraigne les autorités à le remettre à sa famille.
Fouzia Bekouch, une autre victime de la marine algérienne
Tuée par arme à feu dans la nuit du vendredi au samedi 22 octobre, lors d’une opération anti-immigrés de la marine algérienne, Fouzia Bekouch n’a été inhumée qu’en fin de janvier 2023 dans sa ville natale d’Aghbal, à 40 km d’Oujda.
Le poste-frontière Zouj Bghal, dit Colonel Lotfi du côté algérien, avait été « exceptionnellement » ouvert pour le rapatriement de la dépouille de cette migrante assassinée avec trois autres migrants clandestins dans la zone située entre le port d’Oran et Ain-Turck.
Ces événements, loin d’être de simples bavures isolées, révèlent une logique agressive dans la doctrine sécuritaire algérienne. Tirer avant de questionner devient la norme. Le recours disproportionné à la violence, notamment contre des civils en détresse, doit faire l’objet d’une enquête internationale indépendante, afin de protéger les droits fondamentaux et prévenir de nouvelles tragédies.
