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L’Egypte refoule des militants marocains de la « Marche mondiale vers Gaza » (vidéo)
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À la veille du lancement de la « Marche mondiale vers Gaza » depuis l’Égypte, plusieurs militants marocains ont été refoulés à l’aéroport du Caire. Les autorités égyptiennes invoquent l’absence de demande officielle préalable, tandis que les soutiens de la cause palestinienne dénoncent une obstruction politique.
Des militants marocains venus participer à la « Marche mondiale vers Gaza » ont été refoulés dès leur arrivée à l’aéroport international du Caire, selon des témoignages concordants relayés sur les réseaux sociaux et par des acteurs de la société civile.
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Refoulements discrets à l’aéroport du Caire
L’événement, prévu pour démarrer ce jeudi 12 juin au départ du Caire, doit rallier la frontière de Rafah en passant par El-Arich, en vue de briser symboliquement le blocus israélien de Gaza.
«On m’a refoulée directement de l’aéroport du Caire, malgré la présentation de tous mes papiers et malgré le fait que j’ai déclaré être venue comme touriste», a témoigné une participante marocaine, vidéo à l’appui, dénonçant un traitement arbitraire malgré la présentation de justificatifs financiers et de documents valides.
Parmi les personnes refoulées figure la militante Jamila El Azouzi, dont le rapatriement a été confirmé par sa famille et relayé par la militante marocaine Sara Soujar.
D’autres membres du groupe ont pu entrer en Égypte en évoquant un motif purement touristique, conformément aux consignes internes du collectif organisateur. Les autorités égyptiennes ont néanmoins empêché l’accès au territoire à toute personne soupçonnée de vouloir rejoindre la marche sans autorisation officielle.
Verrou égyptien: participation conditionnée à une demande officielle
Dans un communiqué diffusé mercredi, l’État égyptien a rappelé, sous pression d’Israël, sa position: «Toute délégation étrangère souhaitant se rendre dans la zone frontalière de Gaza doit passer par une procédure administrative claire, incluant une demande officielle auprès des ambassades d’Égypte ou via les représentations diplomatiques au Caire.»
«Malgré les positions égyptiennes déclarées en soutien à la Palestine, les autorités égyptiennes mettent des verrous stricte sur le terrain», commente un militant marocain proche de l’organisation.
Ce filtrage administratif s’inscrit dans le contexte ultra-sécurisé autour du Sinaï, considéré comme une zone sensible par les autorités militaires égyptiennes. En effet, si l’Égypte affiche officiellement son soutien à la cause palestinienne, elle contrôle étroitement l’accès à Rafah, en coordination tacite avec Israël, et limite fortement les initiatives non gouvernementales.
Une mobilisation internationale pacifique, mais fragmentée
La «Marche mondiale vers Gaza» regroupe des participants de 32 pays, qui convergent en Égypte par avion ce 12 juin. De là, ils se dirigeront vers El-Arich, puis tenteront de rejoindre le poste-frontière de Rafah. Les organisateurs ont précisé que toutes les dépenses sont assurées par les participants eux-mêmes, dans une logique de mobilisation citoyenne non-institutionnelle.
Au Maroc, c’est la Groupe de travail national pour la Palestine qui coordonne la participation. Ses représentants ont tenté à plusieurs reprises d’obtenir un rendez-vous avec l’ambassade d’Égypte à Rabat, sans succès. «Nous avons été informés que toute nouvelle information nous serait communiquée par téléphone, mais nous n’avons jamais été rappelés», déplore un coordinateur.
Frontières bloquées, solidarité freinée au Maghreb
De son côté, la Comité marocain de soutien aux causes de la nation a salué l’initiative de la marche, y voyant «un acte de solidarité populaire contre le blocus et pour l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza», tout en déplorant l’impossibilité pour une caravane terrestre marocaine de rejoindre le convoi en raison des frontières fermées avec l’Algérie.
Lire aussi: Israël presse l’Egypte de bloquer les « provocations » pro-palestiniennes
«C’est triste de contater que les frontières entre les pays du Maghreb constituent une entrave devant la coordination entre les Maghrébins en faveur de la Palestine», écrit l’organisation dans un communiqué appelant à lever les blocages frontaliers pour des causes humanitaires.
En effet, contrairement à la Tunisie, la Libye et d’autres pays africains dont les délégations rejoignent la marche par voie terrestre, les Marocains sont dépendants du passage aérien via le Caire, ce qui les expose davantage aux restrictions politiques.
Un paradoxe égyptien: soutien politique, obstruction sur le terrain
Le paradoxe égyptien est criant. Le communiqué officiel de l’État affirme son rejet du blocus israélien, de la famine imposée à Gaza, et des violations continues du droit international. Pourtant, dans les faits, l’accès humanitaire, les mouvements solidaires et les manifestations de soutien sont strictement encadrés, voire empêchés, sauf lorsqu’elles relèvent d’initiatives diplomatiques officielles.
Ce double discours nourrit la frustration des militants: si le régime d’Abdel Fattah Al-Sissi se positionne comme médiateur régional, il verrouille simultanément toute action indépendante de la société civile internationale.
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