Maroc–USA: vers un accord historique sur le F-35 qui redéfinirait l’équilibre militaire en Afrique du Nord

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Rabat négocie discrètement l’acquisition du F-35 : un tournant stratégique pour la supériorité aérienne marocaine
Un F-35 de l'US Navy effectue un survol du porte-avions USS George H.W. Bush, en mer près de Norfolk (Virginie), le 5 octobre 2025, lors d'une démonstration navale organisée dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire de la Marine américaine. © SAUL LOEB / AFP

Des signaux concordants suggèrent que Rabat et Washington ont engagé des discussions avancées sur l’éventuelle acquisition par le Maroc du chasseur furtif F-35, l’avion de combat le plus sophistiqué au monde. Un accord de cette ampleur, s’il se concrétisait, marquerait une rupture stratégique pour l’armée de l’air marocaine et confirmerait l’évolution profonde du partenariat militaire entre les deux pays.

Les négociations autour de l’acquisition potentielle de F-35 par le Maroc reflètent une évolution profonde du partenariat stratégique entre Rabat et Washington. Bien qu’aucune confirmation officielle n’ait été émise, plusieurs sources spécialisées évoquent des discussions sérieuses. La dernière en date est la plateforme Defensa.

Celle-ci affirme que la visite en septembre dernier d’une délégation militaire marocaine de haut niveau à Washington, conduite par le général Mohammed Gadih, inspecteur général des Forces royales air (FRA), a relancé le dossier. La délégation comprenait notamment des responsables des programmes d’équipement et d’approvisionnement, qui se sont entretenus avec le commandant de l’US Air Force, le général David Allvin.

Defensa conforte ses révélations avec celles d’Africa Intelligence qui a précisé, récemment, que ces négociations s’inscrivent dans le cadre d’un renforcement global des capacités aériennes marocaines, et que leur portée dépasse le simple achat d’avions, intégrant des enjeux industriels, logistiques et de formation.

Un aval isrélien malgré l’AMM 

Un des aspects les plus sensibles de tout accord impliquant des F-35 est le respect du principe d’Avantage militaire qualitatif (AMM) d’Israël. Ce principe impose aux États-Unis de veiller à ce que leurs ventes d’armes n’affectent pas la supériorité militaire d’Israël dans la région. Les informations disponibles suggèrent que l’accord potentiel aurait reçu une approbation initiale de Tel-Aviv, marquant une avancée notable par rapport aux réserves exprimées par Israël dans le passé. Cela fait des mois que des sources concordantes annoncent un aval israélien donné à cette vente.

Cette coordination reflète non seulement la confiance entre les parties, mais aussi les changements géopolitiques récents, notamment le rapprochement israélo-marocain dans les domaines de la sécurité et de la défense.

Modernisation et souveraineté technologique

L’acquisition des F-35 s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation de l’armée de l’air marocaine. Le Royaume prépare l’arrivée de ses escadrons de F-16 Block 72, la version la plus avancée du célèbre chasseur américain, et développe parallèlement un centre de maintenance et de modernisation d’avions militaires à Benslimane. Ce projet, en partenariat avec des entreprises américaines et européennes, vise à assurer une autonomie technique et logistique durable, notamment pour la maintenance et l’évolution des F-16 actuels vers le standard «Viper».

Cette approche témoigne d’une vision stratégique qui dépasse la simple acquisition d’équipements et inclut le développement de compétences locales et la création d’un tissu industriel de défense robuste.

Capacités opérationnelles et enjeux régionaux

Selon certaines estimations, le Maroc pourrait commander jusqu’à 32 F-35 pour un coût global de 17 milliards de dollars sur 45 ans, incluant formation, maintenance et mises à niveau. Ces chasseurs offriraient des capacités avancées: furtivité, systèmes de capteurs intégrés, fusion de données en temps réel et guerre électronique.

L’arrivée des F-35 pourrait donc transformer le rapport de force en Afrique du Nord, envoyant un signal dissuasif à des voisins comme l’Algérie et repositionnant le Maroc comme un acteur stratégique dans la région sahélo-méditerranéenne. Dans un contexte où le Royaume est reconnu comme allié majeur non-OTAN (Major Non-NATO Ally – MNNA), l’acquisition de F-35 renforcerait l’interopérabilité avec les standards occidentaux, même si ce volet reste secondaire dans les discussions.

Si l’acquisition se concrétise, le Maroc deviendrait le premier pays africain à déployer le F-35, consolidant sa position militaire et stratégique dans la région. Au-delà de l’aspect technique, ce dossier illustre la profondeur du partenariat Rabat-Washington et le rôle croissant du Royaume comme acteur clé dans les équilibres géopolitiques du Maghreb et de la Méditerranée.

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