Le Maroc membre fondateur du Conseil de paix de Trump, ce que l’on sait

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Mohammed VI et Donald Trump
De gauche à droite: le prince héritier Moulay El Hassan, le roi Mohammed VI, Melania Trump et le président américain Donald Trump

Le roi Mohammed VI a accepté l’invitation du président américain Donald Trump à devenir membre fondateur du « Conseil de paix ». Cette annonce fait du Maroc l’un des premiers pays à rejoindre cette initiative lancée par Washington.

Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, le Roi Mohammed VI a reçu une invitation personnelle du président Trump pour se joindre, en tant que membre fondateur, au Conseil de Paix que le président américain envisage de lancer. Le Souverain a accepté cette invitation qui constitue une reconnaissance du leadership éclairé du Roi et de sa stature en tant qu’acteur de paix incontournable.

Voici ce que l’on sait sur cette initiative visant à contribuer aux efforts de paix au Moyen-Orient et adopter une nouvelle approche pour résoudre les conflits dans le monde.

Organisation internationale

La Maison Blanche avait annoncé qu’en vertu du plan pour mettre fin à la guerre à Gaza soutenu par Washington, un Conseil de paix présidé par Donald Trump serait formé.

Depuis ce week-end, plusieurs pays ont commencé à dévoiler avoir reçu une invitation pour y participer, dont la France, l’Allemagne ou le Canada. Mais aussi bien au-delà des alliés traditionnels des Etats-Unis, puisque le Kremlin a dit lundi que le président russe Vladimir Poutine avait été invité à « se joindre à la composition du Conseil de paix ».

Mais le projet de « charte » révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza, et semble en faire un véritable substitut des Nations unies.

Mission du Conseil de paix

« Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits », peut-on lire dans le préambule de ce texte envoyé aux États « invités » à y siéger.

Lire aussi. Le Roi répond favorablement à l’invitation de Donald Trump pour devenir membre fondateur du Conseil de paix

Le texte de huit pages critique d’emblée les « approches et institutions qui ont trop souvent échoué », dans une allusion claire à l’ONU, et appelle à avoir « le courage » de s’en « écarter ». Il souligne d’ailleurs « la nécessité d’une organisation de paix internationale plus agile et efficace ».

Trump, président tout-puissant

Donald Trump sera le « premier président du Conseil de paix », dont les pouvoirs prévus sont très étendus: il est seul habilité à « inviter » d’autres chefs d’État et de gouvernement à l’intégrer et peut révoquer leur participation sauf en cas de « veto par une majorité des deux tiers des États membres ».

Aussi, son mandat ressemble à une forme de présidence à vie. Il peut se « désigner un successeur » à « tout moment », et ne peut être remplacé qu’en cas de « démission volontaire » ou d' »incapacité » constatée à l’unanimité du « conseil exécutif » de l’organisation, formé à sa propre discrétion.

Si les décisions sont prises à la « majorité des États membres », qui ont chacun « une voix », elles sont aussi « soumises à l’approbation du président », ce qui confère de facto un droit de veto à Donald Trump, qui a aussi la main sur l’agenda.

Ticket d’entrée à prix d’or

« Chaque État membre exerce un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président.

Ce mandat de trois ans ne s’applique pas aux États membres qui versent plus d’un milliard de dollars comptant au Conseil de paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte », ajoute le texte, sans plus de précisions.

Qui a été invité?

La Maison Blanche n’a pas publié la liste des pays invités. Outre Rabat, qui a indiqué que le Roi Mohammed VI rejoindra le conseil en tant que « membre fondateur« , plusieurs capitales ont elles fait savoir que leur dirigeant avait reçu un carton d’invitation, sans forcément dire s’il comptait l’accepter ou non.

Lire aussi. 1 milliard de dollars pour un siège permanent au « Conseil de paix » de Trump

Donald Trump a confirmé lundi soir avoir invité son homologue russe Vladimir Poutine à rejoindre le « Conseil ». Moscou a ainsi dit vouloir « clarifier toutes les nuances » de cette proposition avec Washington avant de se prononcer.

La France « ne peut donner suite » à ce stade, a indiqué lundi soir le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, tandis que le gouvernement allemand a exprimé la nécessité de se « coordonner » avec ses partenaires.

En réponse au refus de Paris, Trump a menacé lundi soir d’imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français.

Parmi les autres pays qui ont communiqué sur l’invitation à leur dirigeant figurent l’Italie, la Hongrie, l’Albanie, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Égypte, la Jordanie, la Turquie, la Grèce, la Slovénie, la Pologne ou encore l’Inde.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a aussi été invitée et réserve sa réponse, a déclaré lundi un porte-parole à Bruxelles.

Entrée en vigueur

Selon la « charte » du « Conseil de paix », elle est censée « entrer en vigueur » quand seuls « trois Etats » l’auront signée.

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