Des familles de jihadistes marocains détenus ou bloqués en Syrie et en Irak, dont des…
Le Maroc prépare le rapatriement de jihadistes détenus en Irak (source sécuritaire)
Publié le
Selon une source sécuritaire, Rabat prépare un plan pour rapatrier des Marocains liés à Daech, transférés récemment en Irak après avoir été détenus en Syrie.
Le Maroc travaille actuellement sur un plan de rapatriement de ses ressortissants ayant combattu au sein de Daech en Syrie et récemment transférés par les États-Unis vers des centres de détention en Irak, rapporte l’agence Reuters, citant un responsable sécuritaire.
Selon cette source, les autorités marocaines élaborent une stratégie prenant en compte la diversité des profils concernés, notamment les combattants, mais aussi les femmes ayant vécu dans les camps administrés par les forces kurdes en Syrie ainsi que leurs enfants.
Le transfert de ces détenus s’inscrit dans le cadre du retrait progressif des États-Unis de Syrie. Depuis janvier, l’armée américaine a commencé à évacuer les combattants de Daech détenus dans des prisons gérées par les Forces démocratiques syriennes.
Le mois dernier, le US Central Command a annoncé avoir transféré 5.700 détenus adultes vers l’Irak, mettant ainsi fin à la mission américaine en Syrie. Depuis, Bagdad appelle les pays occidentaux et musulmans à reprendre leurs ressortissants impliqués dans les rangs de l’organisation jihadiste.
Plus de 1.600 combattants marocains identifiés
D’après les données citées par la source sécuritaire, 1.667 combattants étrangers marocains ont rejoint les zones de conflit en Syrie et en Irak. Parmi eux, 244 étaient détenus dans des prisons contrôlées par les Forces démocratiques dans le nord-est syrien, tandis que 279 anciens combattants sont déjà rentrés au Maroc.
Lire aussi. Tétouan: le BCIJ arrête un pro‑Daech en pleine préparation d’un acte terroriste
Par ailleurs, 269 femmes marocaines se trouvent encore dans les zones de conflit avec 627 mineurs. Dans les camps administrés par les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie, 134 femmes et 354 enfants marocains sont toujours retenus. Depuis le début de la crise syrienne, 125 femmes ont déjà été rapatriées au Maroc.
Des précédents rapatriements et des poursuites judiciaires
En mars 2019, le Maroc avait déjà rapatrié huit combattants détenus par les forces kurdes, qui avaient ensuite été jugés par la justice marocaine et condamnés à des peines allant de 13 à 18 ans de prison pour terrorisme.
La législation marocaine prévoit jusqu’à 10 ans d’emprisonnement pour toute personne rejoignant des groupes jihadistes à l’étranger.
Selon le directeur du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), Haboub Cherkaoui, plus de 130 combattants marocains ont également rejoint ces dernières années des branches de Daech en Afrique. Depuis sa création en 2015, l’unité d’élite a démantelé des dizaines de cellules terroristes et arrêté plus de 1.000 suspects liés à des activités jihadistes.
