Une société espagnole, sous la tutelle du ministère espagnol des Transports, de la Mobilité et…
Le tunnel Maroc-Espagne sous le détroit de Gibraltar franchit une étape décisive
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Le projet de tunnel sous-marin Maroc-Espagne connaît une accélération majeure suite à l’approbation de nouvelles études techniques par Madrid. Un pas de plus vers la réalisation de ce défi d’ingénierie sans précédent.
Selon des informations rapportées par Okdiario, le gouvernement espagnol a débloqué de nouveaux fonds pour valider la faisabilité technique de cette infrastructure stratégique.
À la mi-mars 2026, l’exécutif espagnol a approuvé un transfert de 1,73 million d’euros pour financer les études techniques. Ce montant s’ajoute à une dynamique budgétaire en forte hausse : depuis 2022, la SECEGSA est passée de financements symboliques d’environ 50 000 euros par an à plus de 9,6 millions d’euros cumulés, dans le sillage du rapprochement diplomatique entre Rabat et Madrid.
Le projet prévoit un tunnel d’environ 65 kilomètres, dont près de 40 kilomètres sur le territoire espagnol, reliant Tanger à la zone de Vejer de la Frontera. L’ouvrage comprendrait deux tubes ferroviaires et une galerie de service, avec une profondeur pouvant atteindre 500 mètres. Le trajet entre les deux rives serait réduit à 30 minutes, pour un coût estimé à 8,5 milliards d’euros du côté espagnol, selon les chiffres techniques disponibles.
L’un des points les plus sensibles, le passage du « Seuil de Camarinal », a fait l’objet d’une étude de la firme allemande Herrenknecht. Celle-ci conclut que le forage est techniquement réalisable, malgré la complexité géologique du détroit.
Un tournant administratif : l’Espagne assure la direction du projet
Selon Vozpópuli, le gouvernement espagnol a lancé un appel d’offres pour souscrire une assurance de responsabilité civile couvrant le président de la SECEGSA, le général José Luis Goberna, ainsi que les membres du conseil d’administration, parmi lesquels figurent des représentants espagnols et marocains.
Cette police doit entrer en vigueur le 30 septembre 2026, date à laquelle Madrid prévoit d’avoir finalisé la mise à jour de l’avant-projet du tunnel et avancé sur la conception de la future galerie de reconnaissance.
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La couverture inclura les risques liés à des erreurs de gestion, omissions ou négligences, ainsi que les frais de défense juridique, les enquêtes administratives et les procédures judiciaires. Elle prévoit également une protection en cas de sanctions ou de responsabilités comptables découlant de contrôles publics, pour un montant maximal assuré de 1,64 million d’euros.
Un élément notable du contrat est sa rétroactivité de quatre ans, permettant de couvrir des décisions prises depuis la relance du projet après le rapprochement politique entre l’Espagne et le Maroc.
Une coopération maroco-espagnole structurée
Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, et son homologue marocain, Karim Zidane, ont signé un mémorandum d’entente lançant une phase d’investigation de trois ans consacrée à la sismicité et à la géodynamique du détroit. Une campagne de recherche marine menée par le CSIC est prévue au premier semestre 2026 pour établir un modèle géologique en 3D du sous-sol marin.
Madrid prévoit de disposer, d’ici la mi-2026, d’une version actualisée de l’avant-projet et d’avancer sur la conception de la galerie de reconnaissance. Si les résultats sont concluants, le projet de cette galerie pourrait être mis en appel d’offres à partir de 2027. Les études techniques actuelles estiment qu’une décennie de travaux serait nécessaire pour réaliser l’ensemble du tunnel.
Au-delà des défis techniques, l’agenda politique est désormais dicté par un horizon symbolique : l’organisation conjointe de la Coupe du Monde de football 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Si les experts s’accordent à dire que le tunnel ne sera probablement pas opérationnel pour le tournoi, l’événement agit comme un catalyseur inédit. Pour Rabat comme pour Madrid, l’accélération des études en 2026 est une manière de démontrer au monde la solidité de leur partenariat stratégique et leur volonté de transformer le Détroit en un pont physique entre les deux continents.
