Moulay El Hassan a recadré de manière courtoise le ministre des Habous et des Affaires…
«Les Marocains sont laïcs»: quand Ahmed Toufiq a choqué Bruno Retailleau (vidéo)
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«Nous sommes laïcs». Qui aurait pu imaginer une telle affirmation venant du ministre marocain des Habous et des Affaires islamiques? Ahmed Toufiq a choqué les esprits, en particulier conservateurs, en révélant à la Chambre des représentants, hier lundi, quelques détails d’une conversation qu’il a eue avec le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau.
Lors d’une séance des questions orales, Ahmed Toufiq a expliqué avoir eu une rencontre informelle avec le ministre français en marge de la visite du président Emmanuel Macron au Maroc. Parmi les sujets abordés, figurait la laïcité. Le ministre marocain a précisé que son interlocuteur était convaincu que «l’islam marocain modéré est bénéfique pour tous, mais qu’il fait face à un contexte interne complexe».
Selon les dires du ministre marocain, Retailleau a affirmé: «La laïcité vous choque», et Toufiq a répondu: «Non». Surpris, le ministre français lui a demandé: «Comment pouvez-vous dire non?». A quoi il a répondu: «Parce que nous sommes laïcs.» Et d’ajouter: «Nous n’avons pas les textes de 1905, mais chacun est libre de faire ce qu’il veut, car il n’y a pas de contrainte en religion (verset 256 de la Sourate La Vache)», laissant le ministre français «bouche bée».
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Le courant passe
Toufiq a également révélé avoir reçu, ce jour-là, une lettre de Bruno Retailleau lui demandant d’autres rencontres. «Nous disons aux responsables français: nous sommes avec vous car les circonstances ne sont pas faciles, et nous vous soutenons car nous prônons la modération, l’équilibre et la liberté, mais leur contexte est aussi difficile…», a-t-il poursuivi.
Ces révélations ont été faites dans le cadre d’une réponse à une question orale sur l’encadrement religieux des Marocains résidant en Europe. A ce sujet, Toufiq a souligné que l’encadrement religieux rencontrait plusieurs difficultés, notamment en ce qui concerne l’obtention des visas pour les formateurs religieux qui doivent être demandés quatre à cinq mois avant le mois de ramadan.
Contexte complexe
«La situation est difficile et se complique encore davantage en Europe, en raison des turbulences politiques internes», a-t-il reconnu, avant de préciser que son département alloue des crédits annuels pour aider les associations qui se consacrent à l’encadrement religieux des Marocains de l’étranger, avec un montant de 96 millions de dirhams alloués cette année à la France, l’Italie, la Belgique et le Canada.
Le responsable a aussi mentionné l’envoi annuel de délégations de lecteurs, prêcheurs et prêcheuses dans neuf pays pour encadrer la communauté. Par ailleurs, le ministère a fourni 345.796 copies du Coran aux mosquées et centres islamiques de la diaspora, ainsi que des livres religieux édités par le ministère.
Projets à venir
Toufiq a également annoncé que son ministère, en partenariat avec le Conseil scientifique suprême et le Conseil scientifique du Maroc en Europe, prépare deux projets qu’il espère lancer en 2025. Le premier est destiné à la diaspora, impliquant les trois générations et disponible en cinq langues européennes, tandis que le second consiste en un programme de réponses aux questions religieuses qui sera accessible également en cinq langues.
