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Lobbying aux États-Unis : le Maroc creuse l’écart face à ses voisins
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Le Maroc s’est hissé en tête des pays du Maghreb en matière de dépenses consacrées aux activités de lobbying aux États-Unis en 2025, avec un total dépassant 3,48 millions de dollars, selon la plateforme Open Secrets, qui s’appuie sur les rapports du département de la Justice américain.
À Washington, l’influence ne se joue pas uniquement dans les couloirs diplomatiques. Elle se construit aussi à travers des réseaux, des cabinets spécialisés et des stratégies d’image soigneusement orchestrées. En 2025, le Maroc s’impose comme le pays maghrébin le plus actif dans ce domaine, avec plus de 3,48 millions de dollars consacrés aux activités de lobbying aux États-Unis.
Ces données, issues de la plateforme Open Secrets, s’appuient sur les déclarations officielles enregistrées dans le cadre du Foreign Agents Registration Act (FARA). Cette loi américaine, en vigueur depuis 1938, impose aux acteurs travaillant pour des entités étrangères de déclarer toute activité visant à influencer les décisions politiques ou l’opinion publique.
Une implication notable d’acteurs publics marocains
Derrière ces chiffres, une stratégie claire se dessine. Une part significative des dépenses provient d’acteurs publics marocains, avec environ 1,06 million de dollars engagés directement par le gouvernement. À cela s’ajoutent les contributions d’autres institutions, notamment l’Office national marocain du tourisme.
Mais réduire ces investissements à du simple lobbying politique serait trompeur. Comme le souligne Open Secrets, qui est une ressource publique à but non lucratif fournissant des données détaillées sur le financement des campagnes électorales et le lobbying, ces actions englobent également la promotion économique, touristique et l’ensemble des efforts de communication institutionnelle. Autrement dit, il s’agit autant de défendre des intérêts que de façonner une image.
Un Maghreb à plusieurs vitesses
Face à cette dynamique, les écarts avec les autres pays de la région sont frappants. L’Algérie arrive en deuxième position, mais loin derrière, avec environ 660.000 dollars dépensés en 2025. Une différence qui illustre un positionnement plus discret dans les cercles d’influence américains.
Plus loin encore, la Libye affiche près de 280.000 dollars, essentiellement via des structures liées au développement économique. La Mauritanie, avec un peu plus de 81.000 dollars, reste en retrait. Quant à la Tunisie, elle n’apparaît pas dans les données, suggérant une absence d’activités déclarées dans ce cadre. L’Égypte, de son côté, est absente en 2025 malgré des dépenses enregistrées l’année précédente.
Au-delà des chiffres, les coulisses de l’influence
Ces données ne racontent pourtant qu’une partie de l’histoire. Le Foreign Agents Registration Act ne couvre qu’un segment des mécanismes d’influence. D’autres leviers existent, comme la législation dite LDA, ou encore les financements indirects de think tanks, campagnes d’image et actions de relations publiques.
L’exemple de l’Algérie en 2024 en est une illustration. Alger avait conclu un contrat de 720.000 dollars avec la société américaine BGR Group pour améliorer son image à Washington — un montant bien supérieur aux chiffres officiellement déclarés dans le cadre du FARA.
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Ce partenariat avait suscité des critiques, notamment en raison des positions publiques de BGR Group, jugées favorables à Israël dans un contexte régional sensible.
Une bataille d’image, mais pas que…
Au final, ces investissements traduisent une réalité géopolitique plus large : celle d’une compétition silencieuse pour peser dans les centres de décision mondiaux.
Pour le Maroc, dont l’année 2025 à été décisive pour la question du Sahara avec en l’occurrence l’adoption de la résolution 2797, cette présence renforcée à Washington témoigne d’une volonté d’ancrer durablement son influence, bien au-delà des canaux diplomatiques traditionnels.
