Fort de ses deux buts d'avance et trop rarement déséquilibré, le Real Madrid a assuré…
Madrid: vives tensions après la mort d’un Marocain étouffé par un policier
Publié le
La communauté marocaine de Torrejón de Ardoz, en banlieue de Madrid, est en état de choc et de colère après le décès d’Abderrahim, un homme de 35 ans, mort étouffé lors d’une intervention d’un agent de la police municipale.
Le drame, survenu lorsque deux policiers municipaux de Madrid ont maîtrisé à coups de rotule un jeune homme qui aurait tenté de les voler quelques minutes plus tôt, a déclenché une vague d’indignation parmi les résidents d’origine immigrée, qui dénoncent une violence policière à caractère raciste.
Juan José, le policier impliqué dans cette tragédie, dont les circonstances restent encore floues, a été interpellé puis inculpé pour homicide involontaire, avant d’être remis en liberté sous conditions.
Le relâchement sous conditions de cet agent de police de 58 ans a provoqué la fureur des manifestants, estimant que l’acte ne relève pas d’une simple négligence, mais bien d’un usage disproportionné de la force ayant conduit à la mort.
«Si cela est arrivé à Abderrahim, cela peut nous arriver à tous», déclare une manifestante d’origine marocaine. Une autre ajoute : «Même s’il avait volé un téléphone, cela ne justifie en rien qu’on lui retire la vie. Il y a des lois pour cela».
Lire aussi. Espagne: une enquête révèle de graves violations des droits de saisonnières marocaines
Une marche silencieuse a réuni environ 250 personnes dans les rues de Torrejón, samedi. Les slogans brandis par les manifestants étaient sans équivoque : «Personne n’est au-dessus de la loi», «Stop au racisme policier», «Justice pour Abderrahim».
La famille du défunt était présente, bouleversée. Le père d’Abderrahim, Mimoun Akouh, a pris la parole publiquement, la voix brisée par l’émotion : «S’il a vraiment volé ce téléphone, il fallait l’arrêter, le juger, le punir dans le cadre de la loi. Mais pas le tuer. On ne demande rien d’autre que justice».
Dans une déclaration au site elDiario.es, il a exprimé un chagrin insondable : «C’est impossible de continuer à vivre après ça. Comment manger, comment dormir ? Ils ont tué mon fils. Ma famille vit ici depuis 32 ans, sans jamais avoir causé de problème. Et voilà ce qui nous arrive». « Il est impossible de vivre » après ce qui s’est passé : « Comment vas-tu manger ? Comment vas-tu dormir ? Ils ont tué mon fils. Ma famille est à Torrejón depuis 32 ans et nous n’avons jamais eu de problèmes».
Ce drame relance le débat sur le racisme systémique au sein des forces de l’ordre espagnoles, particulièrement envers les communautés issues de l’immigration. Plusieurs associations de défense des droits humains appellent à une enquête indépendante et à une réforme profonde des pratiques policières.
