Macron au Maroc: Paris et Rabat à l’heure des retrouvailles

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Sahara: l'Algérie en colère après la reconnaissance par la France du Plan d’autonomie marocain
Le Roi Mohammed VI s'entretient avec le président Emmanuel Macron après l'inauguration d'une ligne à grande vitesse à la gare de Rabat le 15 novembre 2018. © Christophe Archambault / POOL / AFP

En invitant le président français Emmanuel Macron à Rabat, le Roi Mohammed VI a symboliquement marqué la fin d’une période de doute entre les deux pays. Une nouvelle page est sur le point de s’écrire dans l’histoire des relations bilatérales entre le Maroc et la France. 

Sur invitation du Roi Mohammed VI, Emmanuel Macron effectuera à la fin du 28 au 30 octobre une visite d’État au Maroc qui devra sceller la relance des relations bilatérales qui ont lourdement pâti de l’ambiguïté de la position de Paris sur le dossier du Sahara marocain.

Désormais, c’est de l’histoire ancienne. Le président français a, rappelons-le, reconnu dans une lettre du 30 juillet denier, jour du 25e anniversaire de l’intronisation du Roi Mohammed VI, que le plan marocain d’autonomie est «la seule base pour aboutir à une solution politique juste, durable et négociée conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies», ajoutant que «le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine».

Paris, qui a d’ailleurs souvent soutenu le Maroc en coulisses pour ne pas froisser l’Algérie, a ainsi emboîté le pas à Madrid, qui considère le plan d’autonomie comme «la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend».

Une nouvelle page

La visite d’Emmanuel Macron, qui sera accompagné d’une délégation de ministres, s’inscrit dans un contexte de réconciliation, mais surtout de retrouvailles. La France, premier investisseur étranger au Maroc avec une présence marquée dans plusieurs secteurs industriels, agricoles et technologiques, veut consolider ses intérêts économiques dans un pays devenu un acteur clé en Afrique.

«Le Maroc et La France ambitionnent d’écrire une nouvelle page dans leurs relations, avec de nouveaux modes de coopération», estime Mustapha Tossa, politologue et éditorialiste. Ce spécialiste des relations franco-marocaines compare la visite du président français à «des retrouvailles passionnées d’un couple qui était au bord de la rupture».

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«Lorsqu’Emmanuel Macron posera son pied sur le sol marocain, il fermera politiquement une période grise où les deux pays se regardaient avec méfiance, se toisaient parfois. Aujourd’hui c’est un ami sûr, un allié certain qui vient visiter le pays. Avec, à n’en pas douter, une volonté commune de redonner au partenariat stratégique qui lie les deux pays une ampleur jamais égalée», poursuit notre interlocuteur.

Fort de sa vision stratégique et de son leadership, le Royaume se positionne en plus comme un partenaire de choix pour la France. Cette visite d’Etat devra consolider un partenariat Maroc-France rénové, porteur de prospérité partagée en faveur des deux pays mais aussi au niveau africain.

Consolider les partenariats stratégiques

Le développement socio-économique est au cœur des intérêts communs de Rabat et Paris, à la faveur d’investissements croisés dans l’industrie, les énergies renouvelables, les nouvelles technologies ou encore les services, dans l’objectif d’être en phase avec les attentes des nouvelles générations des deux pays.

Cette visite d’État «sera une occasion de consolider ces partenariats stratégiques et de rassurer la communauté française sur place quant à la stabilité des relations bilatérales et aux opportunités futures», affirme, pour sa part, Yassine El Yattioui, secrétaire général de NejMaroc.

«En 2023, la France a investi massivement au Maroc, avec plus de 8 milliards d’euros d’investissements directs à l’étranger (IDE), ce qui en fait le premier investisseur européen dans le Royaume. Ces investissements se concentrent principalement dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et des technologies vertes», précise ce spécialiste des relations internationales.

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Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint un record de 14 milliards d’euros l’an dernier et cette réconciliation ouvre la porte à une accélération. De nouvelles perspectives devraient aussi s’offrir aux provinces du Sud où des entreprises françaises sont déjà présentes, notamment l’énergéticien Engie pour la construction d’une station de dessalement d’eau et d’un parc éolien.

«Les provinces du Sud, qui regroupent environ 15% du territoire marocain, sont également un axe stratégique de développement. Le Maroc y a investi plus de 80 milliards de dirhams (environ 7,4 milliards d’euros) dans des projets d’infrastructures, d’énergie et de transport pour intégrer cette région aux grandes routes commerciales vers l’Afrique. La France pourrait y jouer un rôle clé, notamment dans la création d’emplois via des projets industriels et d’infrastructures», renchérit Yassine El Yattioui.

Last but not least, la position du Maroc en tant que puissance régionale incontournable devrait par ailleurs permettre à la France, via son partenariat privilégié avec le Royaume, de s’ouvrir de nouvelles portes en Afrique.

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