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Du chaâbi en pleine intervention chirurgicale: une vidéo déclenche la polémique au Maroc
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Une vidéo virale diffusée dans la nuit de lundi à mardi sur les réseaux sociaux a provoqué une onde de choc au Maroc. On y voit des professionnels de santé danser et jouer de la musique chaâbi à plein volume dans ce qui semble être un bloc opératoire.
La séquence, largement partagée sur TikTok, Facebook et X, a immédiatement suscité une vive indignation, certains internautes évoquant une «scène surréaliste», d’autres un «mépris total pour la vie humaine». Plusieurs voix exigent désormais l’ouverture d’une enquête officielle du ministère de la Santé et de la Protection sociale pour faire toute la lumière sur cette affaire tandis que d’autres réclament carrément une enquête judiciaire.
Bloc opératoire ou salle de fête?
Le court extrait, dont l’origine n’a toujours pas été confirmée par les autorités, montre ce qui semble être une équipe médicale en train de pratiquer une opération chirurgicale et danser au rythme de la chanson « Hobbek Enti ou Jabni Bellil » (Ton amour m’a amené cette nuit) de l’artiste populaire Abdelaziz Ahouzar.
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Le personnel semble peu préoccupé par le protocole médical, créant une atmosphère qui rappelle plus une fête de mariage qu’un acte chirurgical rigoureux.
Jusqu’à présent, l’identité de l’établissement hospitalier concerné reste inconnue; on ne sait pas s’il s’agit d’un hôpital public ou d’une clinique privée. Le ministère de la Santé n’a émis aucun communiqué officiel, alimentant ainsi la confusion et la frustration d’une partie de l’opinion publique.
Colère et sarcasme sur les réseaux
Les réactions des internautes n’ont pas tardé: «Ton amour m’a amené cette nuit… au bloc opératoire ? Le mépris pour la vie humaine est total. Ce médecin devrait plutôt travailler dans une boîte de nuit», écrit une internaute visiblement choquée.
«Une ambiance festive en totale contradiction avec le caractère hautement sérieux et protocolaire de l’acte médical», croit savoir une autre, pendant qu’une troisième évoque «un scandale révélateur de l’effondrement du système de santé».
الشعبي فغرفة العمليات..و المريض كرشو محلولة..والطبيب كيشطح…لي سهّل عليه الله و خرج من هاد البلاد بعقلو و بصحتو خاصو يحمد الله صباح مساء… https://t.co/7TubucGQnn
— أداجيو 🇵🇸🔻🇲🇦 (@adagio_86) July 8, 2025
«Dans une scène choquante et provocante, des personnes — supposées faire partie d’un personnel médical — en train de réaliser une opération chirurgicale dans une salle d’opération d’un hôpital, sur fond de musique chaâbi retentissante, dans un vacarme qui ne sied ni au lieu ni à la situation. On se croirait dans une fête privée, et non dans un acte médical délicat exigeant un maximum de concentration, de rigueur et de discipline», lit-on dans un autre commentaire.
حبك انتي وجابني في الليل 😂
في غرفه العمليات كامل الإستخفاف بالأرواح البشريه. الطيبيب المساعد. مكانه ليس غرفه العمليات بل ملهى ليلى
شكرا لمن قام بتصوير هذا الفيديو رسالته وصلت pic.twitter.com/7AxTdU1t5a— Salmaa (@Salmaa93710329) July 8, 2025
Des appels à la saisine du parquet ont également émergé, certains estimant que le comportement observé pourrait relever d’une négligence médicale grave, voire d’une mise en danger de la vie d’autrui.
Chaâbi au bloc: pratique courante ou dérive locale?
Des voix plus nuancées se sont également fait entendre. Plusieurs professionnels de la santé ont rappelé que l’utilisation de musique en salle d’opération est une pratique répandue dans de nombreux pays.
«C’est une méthode connue pour réduire le stress chez le personnel médical et favoriser la concentration», explique un chirurgien marocain ayant requis l’anonymat. «Mais cela suppose une musique douce, en arrière-plan, pas un morceau dansant qui invite à se lever de la table», nuance-t-il.
Un autre professionnel de santé ajoute: «Le problème ici, c’est le choix de la musique. Une chanson chaâbi rythmée qui incite à l’interaction corporelle n’a pas sa place dans un bloc opératoire.»
Une polémique révélatrice d’un malaise plus profond
Au-delà du bad buzz médiatique, cette affaire soulève des questions de fond sur la rigueur dans les pratiques médicales, la gestion des blocs opératoires et la qualité de la formation professionnelle dans le secteur de la santé. Elle met aussi en lumière le fossé grandissant entre les standards de la médecine moderne et certaines pratiques locales jugées inappropriées ou même dangereuses.
Dans un pays où les établissements publics souffrent déjà d’un déficit de confiance, d’un manque d’équipements et d’un personnel souvent débordé, cette séquence virale agit comme un révélateur brutal des dérives possibles… et de la nécessité d’un sursaut éthique et institutionnel.
