Tandis qu’EL Pais salue les efforts du pays, El Mundo s’intéresse au fil d’une dizaine…
Mezzour à EL MUNDO: « Le moment est venu de transférer à Rabat la gestion de l’espace aérien du Sahara »
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Ryad Mezzour, ministre marocain de l’Industrie et du Commerce, a détaillé à EL MUNDO sa vision des relations économiques et diplomatiques entre le Maroc et l’Espagne, lors de son passage à Madrid pour la réunion de haut niveau entre les deux pays, insistant sur la nécessité de « transférer la gestion de l’espace aérien du Sahara à Rabat ».
Le ministre marocain de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a indiqué dans un entretien accordé à EL MUNDO que le Maroc est sur le point de mettre un terme au conflit autour de son Sahara, instrumentalisé depuis cinquante ans, grâce au soutien international et, en particulier, au rôle central joué par l’Espagne en faveur du plan d’autonomie marocain.
«L’Espagne a administré le territoire jusqu’en 1975 et connaît parfaitement le sujet. Sa position, en faveur du projet d’autonomie marocain, a largement contribué à convaincre la communauté internationale d’adopter cette solution comme étant la meilleure pour régler le problème », a souligné le ministre. Selon lui, «le soutien de l’Espagne a une valeur symbolique très importante, car l’Espagne connaît mieux le problème que n’importe quel autre pays ».
Même si le soutien des États-Unis reste important, Mezzour a insisté sur la signification particulière du soutien espagnol, qu’il considère comme un facteur déterminant pour la reprise des relations diplomatiques après la crise passée.
Il a expliqué que ce retrait de neutralité était indispensable, le Maroc considérant la question comme une affaire de souveraineté, et que le respect mutuel des priorités était un préalable à toute relation stratégique.
Le ministre istiqlalien a souligné la place nodale qu’occupe la question dans la politique étrangère du Maroc et son rôle dans le retour à la normale des relations maroco-espagnoles. « C’est la priorité absolue pour le Maroc. Il s’agit d’une question de souveraineté, et dans nos relations avec nos partenaires stratégiques, chaque partie doit respecter les priorités et la souveraineté de l’autre. C’est essentiel pour les deux camps », a-t-il dit.
La gestion de l’espace aérien du Sahara est un droit souverain
Interrogé sur la feuille de route qui évoquait également la gestion de l’espace aérien au-dessus du Sahara, actuellement coordonnée depuis les îles Canaries, Mezzour a été sans équivoque : « Bien sûr. Lorsqu’un pays possède un territoire souverain, il est préférable qu’il gère l’ensemble des questions aériennes, terrestres et maritimes à l’intérieur de ses frontières. Grâce à l’Espagne qui a pris en charge cette responsabilité, le Maroc jouit désormais d’une pleine souveraineté et des capacités nécessaires pour assumer ce rôle ».
Mezzour a souligné par ailleurs que la relation avec Madrid repose aujourd’hui sur une confiance totale et une feuille de route claire. Toutefois, il a évité toute question sur la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla, précisant que ce sujet n’entrait pas dans les discussions bilatérales actuelles.
Concernant les menaces du front séparatiste du Polisario, le ministre a souligné que ces propos n’avaient aucune importance et que le Maroc et l’Espagne avançaient selon une feuille de route commune basée sur la coopération et la confiance mutuelle.
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Mezzour a également abordé les questions commerciales et portuaires, soulignant l’intégration industrielle et économique des deux pays. Il a rappelé que le Maroc était le troisième partenaire commercial non européen de l’Espagne et que l’Espagne constituait le premier partenaire économique du Maroc.
Le ministre a insisté sur la complémentarité des plateformes industrielles marocaines et espagnoles, notamment dans le secteur automobile, et a détaillé les rôles stratégiques des ports de Tanger, Nador et Dakhla dans le renforcement des relations commerciales et de la connectivité régionale.
Enfin, il a confirmé que le Maroc jouait un rôle central dans la lutte contre l’immigration clandestine, rejetant l’idée que le pays utiliserait ce dossier comme levier de négociation avec l’Espagne.
Il a conclu en réaffirmant que les discussions bilatérales se concentraient sur les sujets constructifs et sur le développement des relations économiques et stratégiques, laissant les questions de souveraineté sur Sebta et Melilia en dehors des discussions actuelles, qui se focalisent sur l’avenir et la coopération concrète.
