Le Maroc est paralysé par une grève nationale ces 5 et 6 février. Celle-ci est…
Miloudi Moukharik: « Nous continuerons de rejeter la loi sur la grève, quel qu’en soit le prix » (vidéo)
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Une grève nationale générale a été annoncée pour les 5 et 6 février 2025, visant à protester contre la gestion gouvernementale de certains dossiers importants, notamment le projet de loi sur la grève et l’inflation des prix.
Les centrales syndicales UMT, CDT, ODT et FSD ont appelé à une grève générale nationale de deux jours, soit les 5 et 6 février, principalement contre la «régression sociale», l’adoption du projet de loi sur la grève et la hausse du coût de la vie. Ce mardi 5 février, plusieurs organisations du secteur public ont répondu à l’appel des syndicats en participant à la première journée de la grève.
Les écoles du secteur public ont montré une participation totale, tout comme le ministère de l’Agriculture et ses services. Le ministère des Finances, les services fiscaux, la CNSS, l’Office de la formation professionnelle (OFPPT), les employés du secteur de la santé, à l’exception des urgences, ont également suivi le mouvement.
Le secteur de l’énergie a été aussi touché, tout comme le secteur bancaire, bien qu’il y ait eu quelques exceptions; certains employés non syndiqués ont choisi de travailler. Le secteur des transports a également été paralysé en partie: à Casablanca, les lignes de tramway T3 et T4 ont cessé de fonctionner, tandis que les taxis ont maintenu leur activité.
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Selon les première données collectées par l’UMT à la mi-journée, le taux de grève avait atteint « 84,8%« . Malgré cette forte mobilisation, la loi sur la grève a été adoptée en séance plénière ce mardi 5 février. Le projet de loi organique fixant les conditions et modalités d’exercice du droit de grève a été approuvé par 84 voix pour et 20 contre, sans aucune abstention.
Dans une déclaration à H24Info, le secrétaire général de l’UMT, Miloudi Moukharik, indique que «cette loi va anéantir la classe ouvrière marocaine« , précisant qu' »il est regrettable que ce gouvernement nous a poussés à paralyser ainsi des secteurs vitaux et stratégiques du Royaume« .
Le syndicaliste affirme que le gouvernement et les pouvoirs publics portent l’entière responsabilité de cette grève nationale, qu’ils ont provoquée en « attaquant le pouvoir d’achat des citoyens par des hausses vertigineuses des prix des produits de première nécessité, en gelant les revenus et en refusant d’ouvrir un véritable dialogue social pour augmenter les salaires et les indemnités »
Le ministère de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi est particulièrement pointé du doigt: «Au lieu de faire de l’emploi une priorité et d’encourager l’emploi dans notre pays, dont le taux de chômage atteint 22%, avec une majorité de jeunes diplômés, ce ministre a choisi d’attaquer un droit constitutionnel, un droit humain, reconnu par les conventions internationales et la Constitution, à savoir le droit de grève», dénonce Moukharik.
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Pour le syndicaliste, le gouvernement, par l’intermédiaire de son ministre de l’Emploi, a élaboré de manière unilatérale une loi organique du droit de grève. «Les consultations menées par ce dernier étaient purement formelles, sans aucune substance, dans une tentative de faire croire qu’un dialogue avait eu lieu. Or, son projet de code du travail comporte 34 articles dont un tiers sont consacrés aux amendes, aux emprisonnements et aux entraves à l’exercice de ce droit humain fondamental.»
Le SG de l’UMT souligne également que «nous menons cette grève parce que le patronat viole le Code du travail, ne déclare pas les travailleurs à la CNSS, licencie sans motifs valables».
Pour conclure, Moukharik promet que «cette loi restera illégitime aux yeux de l’UMT et des travailleurs. Nous continuerons de la rejeter et ne mettrons pas en pratique ses prérogatives, quel qu’en soit le prix à payer. Nous n’hésiterons pas à le répéter autant de fois que nécessaire, jusqu’à ce que le gouvernement adopte une véritable approche du dialogue social et mette fin à la hausse des prix qui enflamme tous les foyers marocains.»
Dans ce même contexte, un cadre du secteur bancaire, également interrogé par H24Info, déclare qu’«en tant que travailleurs, nous avons respecté le mot d’ordre, car la grève est un droit légitime. Il s’agit d’un appel lancé à l’ensemble des Marocains, et nous incitons tous les secteurs à se mobiliser pour stopper cette agression contre la classe ouvrière.»
