Pedro Sánchez, chef du gouvernement espagnol en visite officielle au Maroc, a évoqué la possibilité…
Mondial 2030: les incivilités vont-elles ternir l’image du Maroc? (sondage)
Publié le
Une étude récente menée par le Centre Marocain pour la Citoyenneté (CMC), publiée en mai 2025, tire la sonnette d’alarme sur le problème des incivilités au Maroc.
Le rapport, résultat d’un sondage d’opinion réalisé entre février et mars 2025, révèle un écart significatif entre l’adhésion des citoyens aux valeurs civiques et leur application concrète au quotidien. Une publication qui intervient à un moment stratégique, alors que le Maroc s’apprête à accueillir des événements majeurs comme le Mondial 2030, des rendez-vous qui mettront l’image du Royaume sous les feux des projecteurs mondiaux.
L’étude met en lumière une série d’incivilités jugées problématiques par une majorité de Marocains. Parmi les principales préoccupations:
– Le manque de politesse et de respect mutuel : Seulement 12,4% des répondants se disent satisfaits du niveau de courtoisie.
– Le harcèlement envers les femmes dans l’espace public : Un alarmant 69,6% des participants identifient ce problème comme récurrent et très préoccupant.
– Le non-respect de la propreté publique : Près des trois quarts (73,5%) des répondants expriment leur insatisfaction.
– Les infractions au code de la route : 60,9% des citoyens dénoncent le non-respect généralisé du code, notamment aux passages piétons (61,9%).
– Le déficit de ponctualité : 60,7% de la population se dit insatisfaite.
– Les nuisances de voisinage : 44,4% des citoyens sont gênés par le bruit excessif ou le non-respect des espaces partagés.
Des problèmes spécifiques aux services touristiques sont également pointés du doigt, avec 73% des sondés dénonçant des pratiques abusives des taxis (refus du compteur, surfacturation, refus de transporter des touristes) et 64,9% jugeant les comportements envahissants dans les rues et marchés comme nuisibles à l’expérience des visiteurs.
L’étude va même jusqu’à inclure l’insuffisance des services de santé et d’urgence (71,7% des citoyens estiment qu’elle reflète un système fragile) dans sa définition du civisme, soulignant que les citoyens perçoivent la performance de l’État comme un aspect intégral de son « civisme » envers sa population.
L’étude s’intéresse aussi à la perception très négative des efforts gouvernementaux pour renforcer le civisme. Ainsi, une majorité écrasante de 52,9% des répondants ne perçoit aucun effort de la part des autorités, et 45,2% estiment que les actions entreprises restent limitées. Seuls 1,9% des citoyens considèrent que des politiques efficaces sont mises en œuvre.
Le rapport souligne que ces comportements inciviques ne sont pas de simples observations sociales, mais des indicateurs cruciaux qui pourraient ternir l’image du Maroc sur la scène internationale. L’incapacité à adresser ces problèmes avant l’arrivée de millions de visiteurs pour la CAN 2025 et le Mondial 2030 pourrait entraîner une presse internationale négative, une baisse du tourisme et des dommages à long terme à la réputation du pays. Le civisme devient ainsi un impératif économique et diplomatique, affirment les rédacteurs du document.
Les recommandations du CMC
Le rapport préconise une approche multi-facettes et collaborative pour relever ces défis. Il est impératif de lancer des campagnes nationales complètes et ambitieuses pour sensibiliser et promouvoir le civisme, en mettant en lumière les aspects positifs de la culture marocaine tout en s’attaquant aux « comportements à risque ». Ces campagnes doivent être visiblement et authentiquement dirigées par les autorités publiques, montrant un engagement indéfectible.
L’étude insiste également sur le rôle crucial de l’éducation, avec 59,7% des répondants estimant que le système scolaire doit jouer un rôle majeur. Parallèlement, 54,9% des citoyens plaident pour une application stricte et équitable des lois pour renforcer l’ordre et la discipline. Des interventions ciblées sont également recommandées pour des défis spécifiques comme le harcèlement sexiste, les services publics et touristiques, la propreté urbaine et la discipline routière.
En conclusion, l’amélioration du civisme au Maroc n’est pas seulement un idéal social, mais un impératif stratégique pour le développement sociétal continu du Royaume, sa capacité à accueillir avec succès des événements internationaux de grande envergure et son rayonnement global.
