Naïma Ben Yahia plaide pour une protection sociale plus équitable et plus résiliente

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Naima Ben Yahia

La mise en place d’un système de protection sociale en mesure d’accompagner les mutations sociales et de répondre aux défis émergents permettra de renforcer la résilience de la société et de consolider les valeurs de solidarité, d’équité et de justice sociale, a affirmé, lundi à Rabat, la ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, Naïma Ben Yahia.

S’exprimant lors des travaux de la 10e édition du Forum parlementaire international sur la justice sociale, Mme Ben Yahia a souligné que la mise en place d’un système intégré de protection sociale couvrant l’ensemble des catégories demeure tributaire de services de prise en charge de haute qualité, visant la prévention de l’isolement et de l’exclusion sociale, ainsi que la protection et le soutien de l’autonomie des personnes confrontées à des difficultés sociales.

Les efforts entrepris dans ce cadre s’inscrivent dans le contexte de la mise en œuvre des Hautes Orientations Royales qui ont fait de la justice sociale un choix stratégique et un principe directeur pour orienter l’action publique, a-t-elle fait valoir, lors de la deuxième séance de ce conclave parlementaire, tenu sous le thème « L’équité et la protection sociale : des politiques inclusives pour des sociétés résilientes ».

À cette occasion, Mme Ben Yahia a passé en revue divers chantiers et programmes que le ministère poursuit l’opérationnalisation pour renforcer l’équité et lutter contre la précarité, notamment en matière de soutien aux catégories vulnérables, de mise en place d’une politique familiale efficiente, et de renforcement de la protection de l’enfance, ainsi que de promotion de la condition de la femme, de prise en charge des personnes âgées, et d’inclusion des personnes en situation de handicap.

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Pour sa part, Abdelmaksoud Rachdi, membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE), a estimé qu’au-delà de l’approche quantitative dans la mise en œuvre de la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), il est essentiel de se concentrer sur la garantie d’un accès effectif et équitable des citoyens aux services de santé, notant que le défi actuel réside dans le traitement des problématiques structurelles qui entravent l’accès réel aux soins.

 

Il a également évoqué la vision du CESE pour la réussite de ce chantier royal, fondée sur une batterie de recommandations portant sur l’amélioration de la gouvernance, la soutenabilité financière, le renforcement de l’offre des soins, ainsi que la simplification des procédures à travers l’accélération de la numérisation des démarches et la réduction des délais de remboursement, à même de faire de l’assurance médicale un véritable levier de justice sociale.

De son côté, le directeur des études et de la documentation au Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), Mohamed El Hachimi, a assuré que la réalisation de la justice sociale dans un contexte mondial marqué par des crises complexes, passe par l’établissement d’une « justice territoriale » qui transforme les spécificités géographiques, de facteurs de vulnérabilité en leviers d’autonomisation.

 

Il a, en outre, appelé à rompre avec la « logique des besoins » qui ne propose que des solutions temporaires, et à consacrer la « logique des droits » qui fait de l’équité et de l’égalité des chances, le socle de l’action publique, mettant l’accent sur quatre piliers fondamentaux pour renforcer la résilience sociale, à savoir, la centralité de l’enseignement en tant que porte d’entrée de l’égalité des chances, l’anticipation des crises en adoptant une gestion prospective des risques, la consécration du rôle de l’Etat en tant que premier garant des droits fondamentaux, en plus de l’adaptation des politiques publiques aux changements climatiques.

Pour l’expert international en protection sociale et en économie, Khalid Benali, l’atteinte de la résilience sociale dépasse la simple gestion des crises conjoncturelles, pour devenir le fruit de politiques publiques alliant efficacité de ciblage, pérennité de financement et gouvernance de gestion, notant que la véritable résilience exige la capacité à l’adaptation et de rétablissement rapide.

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M. Benali a ajouté que les pays qui investissent aujourd’hui dans la résilience sociale réduisent à l’avenir les coûts de gestion des crises, relevant que la gouvernance et la sagesse financière représentent la seule voie pour garantir la pérennité de l’État social.

Organisé par la Chambre des Conseillers en partenariat avec le CESE, ce forum parlementaire international est placé sous le thème « La justice sociale dans un monde en mutation : la nécessité de politiques équitables pour des sociétés plus résilientes ».

Ses travaux se déclinent en trois séances portant respectivement sur « la justice sociale dans le contexte des transformations mondiales », « l’équité et la protection sociale : des politiques inclusives pour des sociétés résilientes » et « la gouvernance parlementaire de la justice sociale : législation, contrôle et évaluation de l’impact ».

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