Les recettes fiscales des collectivités territoriales (CT) se sont établies à 13,3 milliards de dirhams…
13,3 MMDH pour la filière bovine et ovine: le gouvernement répond aux accusations de « dilapidation »
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Dans la foulée de la polémique sur les 13,3 milliards de dirhams (MMDH) «dilapidés» pour soutenir les importateurs de viandes rouges, déclenchée par les déclarations de Nizar Baraka, secrétaire général de l’Istiqlal et membre de la coalition gouvernementale, ainsi que par la sortie de Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS (opposition), le gouvernement a rompu son silence concernant l’aide exceptionnelle à l’importation de moutons pour l’Aïd al-Adha.
Chiffres à l’appui, Benabdallah a affirmé que 13,3 MMDH ont été mis à la disposition de 277 importateurs, sans impact réel pour les consommateurs, les prix étant restés élevés. Sous pression et accusé de dilapidation des fonds publics, l’exécutif a réagi.
Le gouvernement sur la défensive
Dans un communiqué publié mercredi soir, le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a indiqué que le coût de l’opération de subvention à l’importation exceptionnelle d’ovins destinés à l’Aïd al-Adha s’est élevé à 437 millions de dirhams (MDH), répartis entre 193 MDH en 2023 et 244 MDH en 2024.
Au total, 875.000 têtes d’ovins ont été importées : 386.000 en 2023 et 489.000 en 2024. L’opération a impliqué 156 importateurs (61 en 2023 et 95 en 2024), tous sélectionnés selon les critères définis par une décision conjointe du ministère de l’Économie et des Finances et du ministère de l’Agriculture.
Le ministère a également précisé que l’importation de bétail restait ouverte, avec la suspension maintenue des droits de douane et de la TVA. Ces mesures auraient permis de stabiliser l’offre et les prix des viandes rouges tout en préservant le cheptel national.
Dans un contexte mondial marqué par une inflation élevée et plusieurs années de sécheresse, le gouvernement affirme avoir adopté des mesures pour soutenir le pouvoir d’achat, notamment via l’exonération de la TVA sur certains produits de base et la levée des droits de douane sur le blé tendre, le bétail et les équipements agricoles.
Toutefois, la suspension des droits de douane et de la TVA seule n’aurait pas suffi à garantir l’abondance d’ovins pour l’Aïd al-Adha. C’est pourquoi une subvention de 500 dirhams par tête d’ovin a été instaurée en 2023 et 2024. Le ministère souligne que la suspension des droits de douane n’a eu aucun impact financier sur le budget de l’État, ces taxes ayant été initialement fixées à 200 % pour protéger le cheptel national sans générer de recettes pour la trésorerie publique.
Des chiffres en trompe l’oeil
Cependant, Benabdallah affirme que les chiffres du gouvernement ne prennent en compte que l’aide exceptionnelle à l’importation des ovins pour l’Aïd al-Adha et non l’ensemble de la filière.
Concernant les bovins, entre octobre 2022 et décembre 2024, 7,3 MMDH de droits d’importation ont été exonérés pour 120.000 têtes, et 744 MDH de TVA ont été levés entre février 2023 et octobre 2024, bénéficiant à 133 importateurs.
حول المبلغ الحقيقي الــــمُقدَّم لمستوردي الأغنام والأبقار حسب الوثائق الحكومية الرسمية. pic.twitter.com/hX9evowgl3
— Mohamed Nabil Benabdallah – محمد نبيل بنعبد الله (@BenabdallahMN) March 30, 2025
Pour les ovins, entre février 2023 et octobre 2024, 3,86 MMDH de droits d’importation ont été supprimés, ainsi que 1,16 MMDH de TVA, sans impact significatif sur les prix. Entre octobre et décembre 2024, 15,7 MDH d’exonérations douanières et 1,6 MDH de TVA ont également été accordés.
Au total, 144 importateurs ont bénéficié de ces mesures entre février 2023 et octobre 2024. Enfin, la subvention exceptionnelle pour l’Aïd al-Adha 2024 a concerné 474.312 ovins, portant le total des dépenses à 13,3 MMDH, selon l’opposition, qui continue de dénoncer une gestion inefficace et des prix toujours élevés.
