La chambre criminelle de la Cour d'appel de Fès a décidé ce lundi matin de…
Affaire Aït El Jid: le procès en appel de Hamieddine reporté à cause de l’absence du témoin El Khammar Haddioui
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La chambre criminelle de la cour d’appel de Fès a décidé, ce lundi, de reporter le procès en appel d’Abdelali Hamieddine, dirigeant du Parti de la justice et du développement (PJD), dans l’affaire du meurtre de l’étudiant Benaïssa Aït El Jid. L’audience a été reportée au 5 mai prochain en raison de l’absence du témoin clé, El Khammar Haddioui.
Abdelali Hamieddine, poursuivi pour son implication présumée dans l’homicide volontaire de l’étudiant de gauche Benaïssa Aït El Jid en 1993 à Fès, comparaît en liberté provisoire. Le procès en appel, qui devait débuter ce lundi, n’a pas pu démarrer comme prévu et devra attendre plusieurs semaines supplémentaires avant d’être relancé.
Ce report est le troisième du genre, après ceux du 24 juin et du 25 novembre 2024. Cette fois, l’absence d’El Khammar Haddioui, témoin principal dans le dossier, a contraint la cour à reporter l’audience. Les juges ont décidé de le reconvoquer sous la supervision du ministère public.
Rappelons que le tribunal de première instance avait condamné Hamieddine à trois ans de prison ferme dans cette affaire, dont les faits remontent à plus de trois décennies.
Réouverture contestée du dossier
Lors de la précédente audience, l’avocat d’Abdelali Hamieddine, Me Omar El Hallaoui, avait considéré que la condamnation prononcée en première instance, à savoir trois ans de prison ferme assortis d’un dédommagement de 20.000 dirhams au profit de la famille du défunt, était «incorrecte» et ne correspondait pas à la loi.
Me El Hallaoui a ajouté qu’il demanderait à la Cour de «remettre les choses en ordre» en soulignant que rouvrir ce dossier serait incompatible avec les conventions internationales, la Constitution et les principes du procès équitable. De plus, il a précisé qu’il demanderait la relaxe de son client sur le fond si la demande de non-reprise de procès était rejetée.
La chambre criminelle de la cour d’appel de Fès avait reconnu le leader PJDiste coupable de «coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner».
Réparation de l’IER
Principal accusé dans cette affaire, Abdelali Hamieddine a toujours nié en bloc les chefs d’accusation contre lui, dont notamment le meurtre par préméditation. Son parti l’a défendu bec et ongles depuis le début de ce procès, et l’actuel secrétaire général du parti et ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, l’avait même accompagné au procès en première instance.
Considéré avec Driss Azami comme l’un des deux futurs leaders du parti de la Lampe, Hamieddine avait été condamné en 1993 à deux ans de prison. Après avoir purgé cette peine, il avait obtenu réparation en 2004 de la part de l’Instance équité et réconciliation(IER) pour «torture subie lors de son arrestation».
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Cela fait des années que le dirigeant islamiste ne cesse de plaider son innocence en mettant en avant le principe de l’autorité de la chose jugée (res iudicata). Autrement dit, «la conséquence juridique d’un jugement entré en force n’est plus susceptible de voie de recours (Non bis in idem)». L’autorité de la chose jugée lie, normalement, les parties et tous les tribunaux et les empêche de trancher à nouveau sur le même objet du litige.
Réouverture 25 ans après les faits
Or, la chambre criminelle de la cour d’appel de Fès en a décidé autrement après l’apparition d’un nouveau témoin: El Khammar Haddioui. C’est de la sorte que le dossier a été rouvert en 2018, soit 25 ans après les faits.
«Le témoin n’a jamais cité Hamieddine dans 12 témoignages précédents dans le cadre de la même affaire», avait affirmé l’ancien président du groupe du PJD à la Chambre des conseillers, Nabil Chikhi, dans une déclaration à H24Info. «Comment se fait-il qu’il vienne de se rappeler que Hamieddine était impliqué dans ce meurtre?», s’est-il indigné en affirmant avoir «la pleine confiance que la justice saura rétablir l’ordre dans cette affaire».
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Dans le cadre de la même affaire, la Cour d’appel de Fès avait condamné en septembre 2019 quatre membres du PJD. La juridiction avait notamment reconnu coupables de «participation à un meurtre avec préméditation» Taoufiq Ngadi et Abdelouahed Kriouel.
Ils avaient écopé de trois ans de prison ferme, tandis qu’Abdelkebir Kassem et Abdelkebir Ajili avaient été condamnés à trois mois de prison assortis d’une amende de 1.000 DH chacun pour «coups et blessures à l’arme blanche».
