Le Conseil national du parti de l'Istiqlal, réuni en session ordinaire samedi à Rabat, a…
Baraka bascule dans l’opposition, critique l’action gouvernementale
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Nizar Baraka critique le bilan gouvernemental et amorce un repositionnement stratégique avant les législatives de 2026.
Nizar Baraka, semble opérer un repositionnement politique à quelques mois des élections législatives. En témoignent ses vives critiques à l’égard de l’action gouvernementale et son ton de plus en plus critique envers la majorité gouvernementale, dont il reste pourtant membre.
Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal a dressé un constat critique de la situation économique et sociale, estimant que les résultats en matière d’emploi restent en deçà des attentes et que les efforts du gouvernement n’ont pas permis de contenir les dérives des prix, notamment ceux des carburants.
Un chômage très élevé malgré les investissements
Intervenant lors d’une rencontre organisée à la Chambre des représentants, Nizar Baraka a souligné que le taux de chômage n’a enregistré qu’un recul limité, passant de 13,6 % à 13 %, tout en restant à un niveau préoccupant.
Ce constat intervient, selon le leader politique et actuel ministre de l’Equipement et de l’Eau, malgré une hausse significative de l’investissement public, passé de 230 milliards de dirhams en 2021 à environ 380 milliards de dirhams en 2026.
Il a toutefois relevé que le secteur privé n’a pas suffisamment accompagné cette dynamique, alors que les orientations stratégiques appellent à une répartition des investissements à hauteur des deux tiers pour le privé contre un tiers pour le public.
Des créations d’emplois insuffisantes
Sur le marché du travail, environ 850.000 emplois ont été créés durant la législature actuelle. Mais cet effort est largement atténué par les pertes enregistrées, notamment dans le secteur agricole, fortement affecté par la sécheresse, avec près de 200.000 emplois perdus chaque année.
Nizar Baraka a néanmoins noté une amélioration relative de l’emploi au cours du premier trimestre de l’année en cours.
Pouvoir d’achat sous pression
La participation des femmes au marché du travail demeure limitée, avec une progression marginale de 19 % à 20 %. Le responsable politique a pointé plusieurs freins, notamment les difficultés de mobilité et certaines résistances sociales, malgré l’amélioration du niveau de formation des femmes.
Concernant le pouvoir d’achat, Nizar Baraka a reconnu les efforts de l’État, notamment à travers le soutien au gaz butane, à l’électricité et au transport, ainsi que certaines mesures fiscales. Toutefois, il a estimé que ces actions n’ont pas suffi à enrayer la dégradation de la situation de la classe moyenne.
Carburants: une hausse jugée excessive
Sur la question des carburants, le secrétaire général de l’Istiqlal a dénoncé une hausse des prix au niveau national plus importante que celle observée à l’international.
Il a pointé du doigt la persistance de pratiques spéculatives et d’« exploitation des crises », estimant que le gouvernement n’a pas réussi à contenir ces dérives, ce qui impacte directement le pouvoir d’achat des citoyens.
Une inflation qui touche aussi l’alimentaire
Selon Nizar Baraka, ces comportements ne se limitent pas au secteur des carburants, mais s’étendent également à d’autres marchés, notamment celui du bétail, où les prix connaissent une hausse malgré une offre disponible.
Il a également relevé que malgré la multiplication des affaires judiciaires liées à la corruption, les citoyens ne perçoivent pas concrètement les effets des mesures engagées.
La souveraineté alimentaire en question
Enfin, le responsable politique a insisté sur l’enjeu croissant de la souveraineté alimentaire, devenu central dans le contexte actuel marqué par les fluctuations de la production agricole et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Cette situation se traduit, selon lui, par une hausse des prix des produits de base, des légumes et des denrées alimentaires, renforçant la nécessité d’une révision en profondeur des politiques publiques pour garantir une meilleure résilience économique et sociale.
