Benkirane appelle à des élections anticipées (vidéos)

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Benkirane: «La perte de confiance envers le gouvernement nécessitent des élections anticipées» (vidéos)
L'ancien Chef du gouvernement et secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane a donné une conférence à HEM, le 19 février 2025 © DR.

Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti justice et développement (PJD), a déclaré que la perte de confiance envers le gouvernement a atteint un niveau critique, rendant nécessaire l’organisation d’élections anticipées.

L’ancien chef du gouvernement et leader de l’opposition ne rate plus une occasion de critiquer vertement l’exécutif et son chef, Aziz Akhannouch, qu’il accuse d’avoir un «appétit croissant pour les marchés publics depuis son accession au poste de chef du gouvernement».

S’exprimant lors d’une conférence organisée par l’Institut des Hautes Études de Management (HEM), Benkirane a affirmé que «ce gouvernement n’a pas résolu les problèmes du Maroc».

Il a averti que si la situation perdure, accompagnée d’une perte de confiance continue, le pays pourrait se retrouver dans une situation préoccupante: «Ce gouvernement n’a pas réussi. S’il avait réussi, nous aurions demandé qu’il reste.»

«Les partis responsables privilégient l’intérêt des citoyens»

Tout en rappelant que tous les partis politiques aspirent à gouverner, Benkirane a souligné que «les partis responsables devraient privilégier l’intérêt des citoyens et du pays plutôt que leurs propres intérêts.»

Il a ajouté que «si le gouvernement parvenait à sortir le pays des crises et à éviter des menaces similaires à celles du Printemps arabe, cela serait positif», faisant allusion au rôle joué par son parti pour canaliser la colère populaire lors de cette vague de contestations qui a traversé le monde arabe.

Reprenant son argumentaire habituel, il a affirmé que «l’actuel gouvernement, en particulier le parti qui le dirige, est en difficulté».

Besoin d’élections anticipées

Le leader du parti conservateur estime que le Maroc a besoin d’élections anticipées en raison du manque de confiance croissant envers le gouvernement. Il a souligné que les rues sont le théâtre de manifestations, de protestations et de grèves, et que l’exécutif devrait occuper l’espace public et être en phase avec les citoyens.

«Organisons des élections anticipées, et si le gouvernement actuel veut se représenter, qu’il le fasse», a-t-il lancé face à un parterre d’étudiants, insistant sur «la nécessité de changer le gouvernement, même en maintenant la même composition partisane».

Mariage de la politique et du capital

Benkirane a également critiqué les conflits d’intérêts d’Akhannouch, notamment après que son entreprise a remporté un contrat pour la réalisation et l’exploitation de la station de dessalement de l’eau de mer de Casablanca, tout en bénéficiant d’avantages fiscaux et de soutiens financiers.

Il a rappelé qu’Akhannouch s’était défendu au Parlement concernant cette décision, ce qui, selon lui, aurait dû conduire à la démission du gouvernement.

L’ex-chef du gouvernement a insisté sur le fait qu’en tant que chef du gouvernement, Akhannouch devrait être soucieux de l’intérêt du peuple et de l’État. Mais, d’après lui, «depuis qu’il est à la tête de l’exécutif, son appétit pour les marchés publics et les conflits d’intérêts a augmenté, et il tente de tout contrôler de manière illégale».

Critique du «soutien social»

En réponse aux arguments du gouvernement, qui attribue les crises à des facteurs externes et à la sécheresse, Benkirane a rappelé que la sécheresse est un problème structurel au Maroc depuis de nombreuses années. Selon lui, le rôle du gouvernement est de trouver des solutions et d’assumer ses responsabilités.

Il a par ailleurs critiqué plusieurs politiques gouvernementales, notamment la réforme du soutien social, qui aurait privé de nombreuses catégories de Marocains d’aides sociales, ainsi que la suppression de la couverture santé pour de nombreuses familles auparavant bénéficiaires du système RAMED. Il a également dénoncé le fait que les cliniques privées profitent de l’assurance maladie obligatoire.

Le patron du PJD a évoqué une «conspiration» dans le monde politique, affirmant que certains acteurs cherchent à discréditer les politiciens pour monopoliser le pouvoir, marginalisant ainsi de nombreux cadres compétents et partis respectables.

Le PJD prêt à diriger le gouvernement

Benkirane a appelé les Marocains à comprendre que la politique impacte directement leur quotidien, que ce soit en matière de transports, de prix des denrées alimentaires ou de services de santé. Il les a encouragés à s’engager en politique et à participer aux élections, car ceux qu’ils éliront prendront des décisions cruciales.

Enfin, il a défendu les chances de son parti aux prochaines élections, affirmant que le PJD est prêt à diriger le gouvernement. Soulignant que tout parti politique digne de ce nom vise la première place, car c’est elle qui permet d’agir efficacement, il a conclu en affirmant que, malgré sa chute lors des dernières élections, le PJD peut rebondir et obtenir de bons résultats lors des élections de 2026.

A la question «est-ce que vous allez accepter les résultats des élections (2026)?» posée par un étudiant, le leader islamiste a répondu par l’affirmative, mais «à condition que ces résultats soient raisonnables». «La direction du parti avait dit en 2021 que les résultats étaient incompréhensibles et ne reflaitaient pas le poids du PJD. C’était une erreur.»

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