Bloc Populaire: trois partis de l’opposition s’unissent contre l' »hégémonie gouvernementale »

Publié le
Bloc Populaire: trois partis de l'opposition s'unissent contre l'"hégémonie gouvernementale"
Les secrétaires généraux des partis PDN, MP et PML, (d) Khalid Bekkali, Mohammed Ouzzine et Isaac Charia © DR

Trois partis de l’opposition ont annoncé la formation d’une nouvelle coalition politique afin de répondre à ce qu’ils qualifient de «faillite politique» et «d’hégémonie gouvernementale» de la scène politique actuelle.

Après la Koutla (bloc) constituée en 1992 par les partis de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), l’Istiqlal, le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) et l’Organisation de l’action démocratique populaire (OADP), puis le G8 – composé des partis du Rassemblement national des indépendants (RNI), du Parti Authenticité et Modernité (PAM), du Mouvement Populaire (MP), de l’Union constitutionnelle (UC), du Parti travailliste (PT), du Parti socialiste (PS), du Parti de la Renaissance et de la vertu (PRV), et du Parti de la gauche verte (PGV) en 2011 –,  voici le Bloc Populaire.

L’annonce de cette nouvelle coalition politique a été faite ce jeudi lors d’une conférence de presse au siège du Parti du Mouvement Populaire (MP) à Rabat, en présence des secrétaires généraux du MP, du Parti Démocratique National (PDN, anciennement appelé le PND à sa création en 1982) et du Parti Marocain Libre (PML).

Réponse au «vide politique»

Selon ses initiateurs, cette alliance se veut une réponse à ce qu’ils considèrent comme un «vide sidéral» sur la scène politique marocaine, marquée par une absence de débat réel et une démission apparente de l’élite intellectuelle et des acteurs sociaux.

«Face à cette faillite politique, caractérisée par l’absence totale de débat politique, et dans un contexte où l’élite intellectuelle et les acteurs sociaux semblent démissionner, nous avons décidé de lancer une initiative forte pour réveiller la scène politique. Cette coalition est une véritable onde de choc destinée à alerter sur ce goulot d’étranglement politique», nous a confié Mohamed Ouzzine, secrétaire général du MP.

Pour Ouzzine, la situation actuelle est marquée par un «mutisme gouvernemental sans précédent», où les Marocains sont laissés à eux-mêmes, sans aucune stratégie ou explication claire sur les enjeux sociétaux.

«Il n’y a aucune communication claire, aucune stratégie pour éclairer les citoyens sur des questions fondamentales. Le débat caricatural autour de la Moudawana en est l’illustration la plus frappante. C’est un exemple parfait de l’incompétence gouvernementale en matière de communication», a-t-il précisé.

Dans ce contexte, les trois partis ont jugé nécessaire de proposer un «front politique ouvert aux citoyens et aux forces vives de la nation», afin de repenser et de façonner ensemble un Maroc pour demain.

Vent debout contre Akhannouch

Isaac Charia, secrétaire général du Parti Marocain Libéral (PML), a affirmé que cette alliance est une réponse directe à l’«hégémonie» de la coalition gouvernementale actuelle et à ce qu’il considère comme des «politiques impopulaires», ainsi que des enjeux socio-économiques majeurs. Il cite la cherté de la vie, l’augmentation du chômage, et la corruption comme étant des symptômes d’un système politique et économique dysfonctionnel.

«Cette coalition est un acte de résistance face à des phénomènes menaçant le pays. Nous voulons sauver la nation de l’effondrement», a expliqué Charia, qui ne mâche pas ses mots à l’encontre du gouvernement.

Il a aussi accusé le gouvernement, et en particulier le Premier ministre Aziz Akhannouch, de «protéger certains investissements et certaines parties prenantes», notamment des alliés proches d’Akhannouch.

Un objectif national, pas électoral

Interrogés sur les possibles motivations électorales de cette alliance, les deux leaders ont été catégoriques: il ne s’agit pas de préparer les élections à venir.

«Ce n’est pas une alliance électorale. Loin s’en faut. Nous agissons avant tout pour défendre l’intérêt national, pour faire entendre la voix des citoyens, et pour lutter contre les dérives du gouvernement», a réaffirmé Ouzzine.

Isaac Charia a ajouté que cette initiative n’a «aucune relation avec les élections de 2026» et qu’elle vise avant tout à contrer ce qu’il appelle la «mafia du conflit d’intérêts», qui menace la gouvernance du pays.

Une coalition ouverte à d’autres forces

Les fondateurs du Bloc Populaire assurent que ce n’est que le début et que leur porte reste ouverte à tous les acteurs politiques, associatifs et de la société civile qui partagent les mêmes préoccupations et valeurs.

«D’autres associations et courants politiques ont déjà manifesté leur désir de se joindre à nous», a indiqué Ouzzine, tandis que Charia n’a pas exclu de «coordonner avec d’autres partis de l’opposition», notamment le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) et le Parti Justice et Développement (PJD). Il a également évoqué une éventuelle ouverture sur le Parti de l’Istiqlal. «L’Istiqlal est le bienvenu, à condition qu’il fasse son repentir et souhaite se joindre à nous», a-t-il ajouté.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Bloc Populaire: trois partis de l’opposition s’unissent contre l' »hégémonie gouvernementale »

S'ABONNER
Partager
S'abonner