Le Conseil de la ville de Casablanca a reporté à une date ultérieure sa session…
Expropriations à Casablanca: une session extraordinaire sous haute tension
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Le Conseil de la ville de Casablanca tiendra, ce mardi, une session extraordinaire qui s’annonce particulièrement sensible, car elle devra statuer sur plusieurs décisions liées à des expropriations pour cause d’utilité publique, une procédure de plus en plus critiquée dans la métropole.
À l’ordre du jour de la session extraordinaire figurent deux points principaux, tous relatifs à la procédure d’expropriation. La première concerne la déclaration d’utilité publique et l’expropriation d’un terrain d’une superficie de 551 m², immatriculé sous le numéro 2320/D, appartenant à la société Tower Seven Art.
Ce terrain, situé à l’intersection stratégique du boulevard Zerktouni et du boulevard d’Anfa, dans l’arrondissement de Sidi Belyout, est destiné à accueillir un équipement public local.
L’ancienne Villa Mauvillier devrait abriter le premier hôtel «Autograph Collection», fruit d’un partenariat entre Tower Seven Art et Marriott International. Prévu pour 2023, le nouvel hôtel «Le Fabergé Autograph Collection Casablanca» n’a pas encore vu et pourrait ne jamais voir le jour si jamais la décision de la mairie est votée.
Trois décisions de justice favorables n’ont pas suffi à débloquer le chantier. La société Art Seven a amorcé le projet hôtelier le 20 août 2019, a obtenu une dérogation R+14 qui autorise une hauteur exceptionnelle avant d’obtenir une autorisation de construire en mai 2020, suivie, en juin 2020, d’une autorisation de démolition.
Malgré le cadre juridique incontestable fourni par ces actes administratifs complets et qui ne font l’objet d’aucun recours, le projet n’a pas vu le jour.
Art Seven a engagé une procédure contentieuse et obtenu gain de cause en première instance, en appel, puis en cassation. Pourtant, l’administration compétente n’a pas mis en œuvre les décisions de justice…
Le second point porte sur l’expropriation partielle de plusieurs parcelles appartenant à la société immobilière Malibu, référencées sous les titres fonciers 7318/C, 17508/D et 94447/C. Ces terrains seront affectés à la réalisation de voiries prévues dans le plan d’aménagement de l’arrondissement d’Anfa (codes AN23, AN24, AN25, AN26), ainsi qu’à la construction d’une place publique et d’un parking souterrain (code G12).
L’Opposition dénonce un «manque de transparence»
Ces projets ne font pas l’unanimité. Des voix critiques se multiplient, notamment parmi les élus de l’opposition au sein du conseil communal, des membres de la société civile, et même des juristes. Elles dénoncent le manque de transparence sur les réels motifs de l’utilité publique invoquée, soupçonnant des intérêts privés et des pressions de lobbies immobiliers derrière certaines initiatives.
En outre, le processus de contestation des expropriations est souvent jugé complexe, long et coûteux, ce qui prive de nombreux citoyens de leur droit à un recours équitable. Bien que le droit marocain prévoie des voies légales pour contester la décision d’expropriation ou la valeur de l’indemnisation, ces procédures restent peu accessibles, décourageant les recours.
Dans un contexte où la ville est censée chercher à se moderniser tout en respectant l’équilibre entre développement urbain et justice sociale, la session de ce mardi pourrait raviver le débat sur la gouvernance foncière et la défense de l’intérêt général.
