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Dakhla, scandale et conflit d’intérêts: quand une secrétaire d’État embarrasse l’Exécutif
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Les accusations de conflit d’intérêts ressurgissent à l’encontre du gouvernement d’Aziz Akhannouch, après des déclarations polémiques de Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche, lors d’un rassemblement partisan du Rassemblement national des indépendants (RNI) tenu samedi à Dakhla.
S’exprimant devant des élus de son parti, Driouich a annoncé que son département avait octroyé une subvention publique de 11 millions de dirhams pour un projet d’ostréiculture dans cette région du sud. Le bénéficiaire ? Mbarek Hamia, député du RNI et président de l’Association Oued Eddahab pour la pêche maritime.
Le fait que le député bénéficiaire soit à la fois membre du même parti que la secrétaire d’État et représentant de la région concernée a provoqué un tollé, relançant les critiques sur l’opacité des procédures d’attribution et le manque d’égalité des chances dans l’accès aux financements publics.
Le PJD exige des comptes
Dans une question écrite déposée ce lundi 5 mai 2025, le groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD) a exigé des explications. Il pointe du doigt un conflit d’intérêt et demande à la secrétaire d’État de rendre publiques les références juridiques et les critères d’éligibilité régissant cette aide, ainsi que la liste des bénéficiaires de ces subventions au cours des dernières années.
Les députés du PJD insistent sur l’impératif de transparence, dénonçant des pratiques qui « bafouent les principes d’équité et d’intérêt général ».
Accumulation de conflit d’intérêts
Cette nouvelle affaire survient dans un contexte déjà tendu pour le gouvernement, après les révélations, en 2023, sur la gigantesque station de dessalement d’eau de mer à Casablanca.
Deux sociétés appartenant à Akhannouch, Afriquia Gaz et Green of Africa, avaient remporté des parts dans le projet tout en bénéficiant d’un soutien public, malgré les dénégations du chef de l’exécutif au Parlement. Le PJD avait alors dénoncé une « véritable affaire d’État », accusant Akhannouch d’avoir menti à l’opinion publique.
Le PPS sonne l’alarme
De son côté, Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), a exprimé sa préoccupation face à ce qu’il qualifie de « normalisation inquiétante des conflits d’intérêts » au sein de l’exécutif.
Il a également critiqué le recul dans l’adoption d’une loi-cadre sur les conflits d’intérêts, y voyant un affaiblissement des mécanismes de contrôle et une menace pour la confiance des citoyens dans les institutions publiques.
