Station de dessalement de Casablanca: Akhannouch dénonce dix ans de blocage politique

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Akhannouch dénonce dix ans de blocage politique derrière le retard de la station de dessalement de Casablanca
Le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch © DR

Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a affirmé que la construction de l’usine de dessalement de l’eau de mer à Casablanca a connu un retard de dix années, privant ainsi des millions de Marocains d’une solution cruciale face à la pénurie d’eau. Selon lui, ce blocage est dû à des « calculs politiques » qui ont laissé un lourd héritage aux gouvernements successifs.

Dans une interview diffusée mercredi soir sur les chaînes publiques Al Aoula et 2M, Aziz Akhannouch a assuré que l’exécutif actuel a accéléré la cadence des projets de dessalement, notamment celui de Casablanca dont la mise en service est attendue pour fin 2026. Il a également cité d’autres usines prévues à Rabat, Nador, Tanger et Tiznit.

« Un héritage lourd dans le dossier de l’eau »

« Tous les programmes annoncés avancent correctement. Mieux encore, il y a une accélération », a lancé d’emblée le chef du gouvernement. Et d’ajouter : « Nous héritons d’un dossier lourd dans le secteur de l’eau, un héritage dont on évite souvent de parler sur le plan politique. »

Akhannouch a rappelé que « l’un des plus grands défis auxquels son équipe a dû faire face depuis son investiture est celui de l’eau », précisant que « nous nous retrouvions avec un stock d’eau potable couvrant à peine trois à quatre mois des besoins de Casablanca et Rabat ».

Il a reconnu que les précipitations ont temporairement soulagé la situation, avant que le projet de l’« autoroute de l’eau » – reliant le bassin hydraulique du Sebou à celui de l’Abouregreg – ne vienne changer la donne. « Ce projet a permis de transférer 300 millions de m³ et d’éviter une crise hydrique majeure à Rabat et Casablanca », s’est-il félicité.

Casablanca, symbole d’un blocage politique

Évoquant la station de dessalement de Casablanca, Akhannouch a insisté : « Tout cela parce que la station n’a pas été lancée à temps. Nous parlons d’un retard de dix ans ».

Il a rappelé que d’autres projets stratégiques sont en cours : « La station de Tiznit va alimenter Taroudant et les zones agricoles du Souss. Il y aura aussi des stations à Rabat, Tanger et Nador. Ces infrastructures permettront non seulement de sécuriser l’approvisionnement en eau potable, mais aussi de soutenir l’irrigation agricole. La station de Casablanca sera opérationnelle fin 2026 ou début 2027 ».

Accusations de conflit d’intérêts : la riposte d’Akhannouch

Interrogé sur les accusations de conflits d’intérêts, Akhannouch a réagi vivement : « J’ai souffert personnellement de ce dossier. Un appel d’offres a été organisé, avec la participation de plusieurs groupes mondiaux et nationaux. Il a été remporté par un consortium hispano-marocain. L’ouverture des plis s’est faite en toute transparence, en présence de tous les concurrents. L’offre retenue figure parmi les meilleures au monde. »

Il a ainsi dénoncé des accusations infondées : « Certains ont parlé d’un contrat d’un milliard ! Mais il s’agit d’un investissement d’un milliard de dollars qui combine énergies renouvelables et dessalement. Les investisseurs injectent leur argent dans leur pays. Où est le problème ? Il n’y a aucune subvention. Ils bénéficient seulement, comme tous les autres, d’exonérations sur les équipements ».

Pour lui, cette polémique relève de la manipulation politique : « Pourquoi cette affaire a-t-elle été lancée ? Simplement pour faire du buzz et détourner l’attention de leur échec, car pendant plus de dix ans, cette station n’a pas vu le jour. Quand nous sommes arrivés, il n’y avait même pas un appel d’offres prêt. Pourquoi a-t-on laissé les choses traîner jusqu’à mettre Rabat et Casablanca au bord d’une pénurie d’un an ? C’est de la politique politicienne, rien d’autre. »

Le paradoxe eau-agriculture exportatrice

Interrogé sur la contradiction entre crise hydrique et exportations agricoles jugées « hydrovores », Akhannouch a relativisé : « L’eau consommée par notre agriculture exportatrice ne dépasse pas 500 millions de m³, alors que ce que nous importons en blé et autres denrées représente plus de 2 milliards de m³. L’équation reste donc favorable au Maroc en matière de ressources hydriques. »

Les priorités de la rentrée politique

En ce qui concerne les priorités de la rentrée politique, le chef du gouvernement a insisté sur la mise en œuvre des grands chantiers sociaux, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la protection sociale, en parallèle avec le soutien aux investissements dans l’eau et l’agriculture.

Il a conclu en réaffirmant que l’objectif de ces réformes est de stimuler une croissance économique capable de créer des emplois pour les jeunes, avant de rappeler : « Notre équipe est un gouvernement de l’action, déterminée à mettre en œuvre les orientations royales et à concrétiser les projets structurants. »

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