Driss Lachgar a été réélu premier secrétaire de l'Union socialiste des forces populaires en marge…
Driss Lachgar livre pour la première fois sa version sur le «blocage politique» de 2016
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Le premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachgar, a livré mercredi, pour la première fois, sa version sur le « blocage gouvernemental » de 2016, qui a conduit à l’éviction d’Abdelilah Benkirane de la tête du gouvernement par le Roi Mohammed VI en mars 2017.
Au cœur de cette impasse politique, qui a empêché Benkirane de former une troisième coalition gouvernementale, Driss Lachgar revient sur son rôle majeur dans cet épisode marquant de la politique marocaine. S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe avec les sites Al3omk et Achkayen, au siège de l’USFP, il a souligné sa contribution décisive dans le dénouement de la crise.
Les tergiversations de Benkirane
Lachgar a révélé que le Parti de la justice et du développement (PJD) avait initialement proposé à l’USFP de participer au gouvernement, une offre que son parti avait acceptée sans conditions. Cependant, selon lui, Benkirane n’a pas respecté l’accord et a préféré temporiser en attendant les décisions du Rassemblement national des indépendants (RNI) et du Mouvement populaire (MP).
Lachgar affirme que son parti n’a jamais été un obstacle à la formation du gouvernement. Il cite une conférence de presse à laquelle Benkirane et d’autres figures du PJD, dont Mustapha Ramid et Saâd Dine El Otmani, étaient présents et où la participation de l’USFP aux négociations avait été officiellement actée.
Benkirane faillit à l’accord
Cependant, selon Lachgar, Benkirane n’a pas honoré son engagement, adoptant une posture ambiguë. Il a comparé son attitude à celle d’Amr Ibn al-As lors du célèbre arbitrage entre l’Imam Ali et Muawiya. Benkirane aurait repoussé la décision sur la composition du gouvernement jusqu’à la tenue du congrès du RNI et la réunion du conseil national du MP, retardant ainsi tout processus de formation.
Lachgar a également révélé que Benkirane avait demandé à l’USFP de lui soumettre une liste de ministres potentiels, une exigence qu’il n’avait pas imposée aux autres partis. Cette demande a suscité des doutes quant à ses intentions. Des dirigeants du PJD lui auraient alors confié en privé que le moment n’était pas encore venu de discuter de la répartition des portefeuilles ministériels.
Une conspiration contre l’USFP?
« J’ai compris qu’il y avait une manœuvre étrange en cours, car aucune autre liste n’avait été exigée des autres partis, seule l’Union Socialiste était concernée« , a déclaré Lachgar, ajoutant que cette stratégie visait à provoquer une crise interne au sein de son parti en imposant un débat anticipé sur la participation gouvernementale.
Dans un contexte de tensions, Lachgar a pris l’initiative d’inviter les dirigeants des quatre partis concernés à une réunion chez lui. Cette rencontre a abouti à la publication d’un communiqué commun appelant Benkirane à mener des négociations collectives plutôt que des discussions bilatérales.
Un règlement de compte historique
Ce communiqué aurait placé Benkirane dans une impasse, compliquant la formation d’un gouvernement sans l’USFP. Lachgar estime que Benkirane a alors intensifié son discours politique et exclu publiquement l’USFP, oubliant que la nomination du chef du gouvernement relève des prérogatives royales.
Pour le patron de l’USFP, son parti devait intégrer le gouvernement, non pas pour des postes ministériels, mais pour préserver sa position politique et contrecarrer ce qu’il appelle « le complot de Benkirane » visant à affaiblir son parti.
Rappelant que Benkirane avait déjà joué un rôle dans l’échec de la continuité gouvernementale en 2002 en bloquant l’expérience dirigée par Abderrahmane Youssoufi, Lachgar a soutenu que la méfiance historique de Benkirane envers l’USFP était profonde et motivée par une hostilité politique de longue date. Mais malgré l’adversité, le parti a su, selon lui, déjouer ces stratégies et s’imposer comme un acteur incontournable sur la scène politique marocaine.
