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Refus de délivrance du récépissé: la LMDDH entame un sit-in et une grève de la faim
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La Ligue marocaine pour la défense des droits de l’Homme (LMDDH) a annoncé l’organisation d’un sit-in ouvert et d’une grève de la faim symbolique à son siège central à Rabat, le lundi 12 mai 2025, en protestation contre ce qu’elle qualifie d’«abus administratif» et de «restriction du droit à l’organisation», après 314 jours sans réception du récépissé légal de dépôt.
La LMDDH précise, dans un communiqué publié dans la soirée du mercredi 7 mai, que cette action coïncide avec le 53e anniversaire de sa création, considérant que «l’absence du récépissé depuis plus de dix mois constitue une grave régression portant atteinte à l’essence même des libertés publiques garanties par la Constitution».
La plus ancienne organisation de défense des droits humains du Maroc ne cache pas son ras-le-bol face à l’attitude de la Wilaya de Rabat (ministère de l’Intérieur) en déclarant : «Nous passons à la vitesse supérieure », en référence à l’intensification de ses formes de protestation pour défendre ce qu’elle estime être un « droit fondamental et légal à l’organisation».
Refus injustifié
Les actions prévues débuteront par une conférence de presse le lundi 12 mai à 10h au siège de la LMDDH, afin de mettre en lumière les derniers développements de l’affaire et les conséquences de ce qu’elle qualifie de «refus injustifié», estimant qu’elle fait face à «une entrave au travail indépendant et libre des défenseurs des droits humains».
Dans son communiqué, la Ligue affirme: «Ce comportement administratif illégal constitue une atteinte aux acquis en matière de droits humains que le peuple marocain a obtenus grâce aux sacrifices de ses forces vives».
La ligue présidée par Adil Tchikitou insiste également sur « son attachement fondamental au droit à l’organisation comme l’un des piliers de l’État démocratique », rejetant « toute forme de restriction ou d’abus administratif ».
La LMDDH appelle à la mobilisation
Enfin, la LMDDH appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de solidarité et à participer à cette mobilisation, invitant « journalistes, organisations de défense des droits humains, associations et partis politiques à assister à la conférence de presse et à soutenir cette action symbolique en défense de la liberté associative et de la dignité des militants ».
Cette montée en tension intervient dans un contexte de débat croissant au Maroc autour de la liberté d’organisation et du travail associatif, sur fond d’appels renouvelés au respect des dispositions constitutionnelles et légales encadrant la vie associative.
Des critiques à l’origine du blocage ?
Certaines sources établissent un lien direct entre le refus de délivrance du récépissé et les prises de position critiques de la Ligue à l’égard de l’autorité en charge de ce document, en l’occurrence le ministère de l’Intérieur.
Dans ce sens, ces sources évoquent notamment le rapport d’enquête de terrain récemment publié par la Ligue marocaine pour la défense des droits de l’Homme sur la gestion de la reconstruction post-séisme dans la province d’Al Haouz. Ce rapport, fruit du travail d’une commission d’investigation indépendante, met en lumière de nombreuses irrégularités dans la distribution des aides.
La Ligue y dénonce un soutien public insuffisant ainsi qu’une répartition opaque des aides aux sinistrés. D’après les résultats de l’enquête, 82 % des personnes interrogées estiment que l’aide au logement octroyée par l’État ne permet pas de couvrir les frais réels de reconstruction, en raison notamment de la cherté des matériaux et de la configuration montagneuse de la région.
Plus grave encore, le rapport affirme que les commissions locales, souvent composées d’agents du ministère de l’Intérieur, auraient mené des évaluations sommaires des dégâts, sans réelle inspection de terrain. De plus, 5 % des sinistrés affirment avoir été victimes de tentatives d’extorsion de la part d’agents locaux, en échange d’un accès à l’aide.
Pour la Ligue, ces constats traduisent non seulement une mauvaise gouvernance locale, mais aussi une volonté de museler la critique indépendante à travers des mesures administratives punitives, comme le blocage arbitraire du récépissé de dépôt.
