L’Algérie taille dans les aides au Polisario: le fardeau devient trop lourd

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Abdelmadjid tebboune brahim ghali
Le président algéire Abdelmadjid Tebboune et le chef du Polisario Brahim Ghali. ©DR

Rien ne va plus entre Alger et la direction séparatiste basée à Tindouf. Le rappel par le Polisario de son « ambassadeur » à Alger et la réduction significative de l’enveloppe budgétaire que lui consacre l’État algérien en sont les signes les plus manifestes.

Selon plusieurs sources concordantes, les aides annuelles allouées au mouvement séparatiste dans le projet de loi de finances 2025 seraient passées de 180 millions de dollars à moins de 120 millions de dollars, soit une baisse de plus de 30%. Cette réduction budgétaire intervient dans un contexte de fortes tensions économiques internes et de volonté affichée de rationalisation des dépenses publiques.

Un fardeau politique et économique

Derrière cette baisse, se dessine une inflexion stratégique du régime algérien, contraint de revoir les priorités d’un soutien jugé de plus en plus coûteux et peu rentable. L’ancien secrétaire général du FLN, Amar Saadani, avait estimé à plus de 500 milliards de dollars le coût global du soutien au Polisario depuis les années 1970. Un chiffre qui fait aujourd’hui débat en Algérie, dans un climat où l’opinion commence à questionner l’utilité d’un tel investissement.

De plus en plus de voix soulignent le coût d’opportunité de cet engagement idéologique, qui a freiné l’intégration régionale, saboté les échanges économiques dans le Maghreb et contribué à l’isolement diplomatique d’Alger. Le « coût du non-Maghreb », expression popularisée par plusieurs économistes de la région, revient désormais au cœur du débat national.

Des arbitrages en faveur des urgences internes

Le PLF 2025 prévoit une hausse de 4,5 milliards de dollars pour revaloriser les salaires de la fonction publique. Cette réorientation budgétaire traduit les limites croissantes du modèle de rente algérien. Les réserves de change du pays, jadis florissantes, sont passées de plus de 200 milliards de dollars avant la maladie de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika à environ 60 milliards de dollars aujourd’hui.

Le régime algérien semble donc engagé dans une réévaluation silencieuse de ses priorités: répondre aux urgences sociales et économiques internes plutôt que de continuer à financer un conflit diplomatique qui, depuis le retour du Maroc à l’Union africaine et le renforcement de ses alliances internationales, tourne de plus en plus à l’impasse.

L’alliance historique entre l’État algérien et le Polisario vacille. Officiellement inchangée, elle montre des signes d’essoufflement. Entre les revers diplomatiques, l’usure économique et la montée des critiques internes, Alger découvre que ce soutien relève moins d’un choix stratégique que d’un héritage encombrant. Un héritage qu’elle pourrait bien être forcée d’abandonner.

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