Le ministère du Transport réduit le coût du permis moto

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Le Maroc réduit le coût du permis moto à 200 DH pour lutter contre les accidents
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Le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a annoncé le lancement d’une série de réformes visant à réorganiser le secteur des motos afin de réduire les accidents de la route.

Lors d’une séance de questions orales à la Chambre des conseillers, le ministre a expliqué que ces mesures ont pour objectif de diminuer les accidents, sachant que les motos représentent près de 60 % des décès enregistrés au niveau national.

Ces réformes visent également à faciliter l’accès des jeunes à des permis légaux sans charge financière excessive, a-t-il ajouté. Le coût du permis de conduire pour motos sera ainsi réduit à 200 à 300 dirhams, alors qu’il atteignait auparavant environ 3.000 dirhams.

Dans le même sens, le gouvernement prévoit de rendre obligatoire l’inclusion d’un casque de protection lors de la vente de toute moto neuve, afin de limiter les blessures graves et renforcer la sécurité routière.

Afin de simplifier les procédures et d’améliorer la sensibilisation aux règles de circulation, les réformes prévoient aussi un changement du système de formation : suppression du délai d’attente de trois mois et adoption de cinq séances seulement, combinant théorie et pratique.

Des efforts pour réorganiser le secteur des motos 

Le ministère du Transport et de la Logistique a annoncé fin août dernier le report de l’application de la procédure unifiée pour encadrer les opérations de contrôle de la conformité des cyclomoteurs à l’aide d’un appareil de mesure de vitesse (speedomètre).

L’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) avait adressé à la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), le 6 du même mois, une note relative cette procédure telle qu’elle a été approuvée par la commission de veille issue de la commission permanente de la sécurité routière.

Des mesures contre l’augmentation des accidents de moto

Le département d’Abdessamad Kayouh a précisé que les mesures contenues dans la note susmentionnée visent à faire face à l’augmentation inquiétante du nombre de décès parmi cette catégorie d’usagers de la route, avec un total de 1.738 décès enregistrés en 2024, soit plus de 43% du nombre global de décès dus aux accidents de la route, faisant savoir que la plupart desdits accidents sont dus à une vitesse excessive résultant de modifications illégales des caractéristiques techniques de ces cyclomoteurs.

Aussi, la mise en œuvre du programme d’action estivale a permis de réduire considérablement le nombre de décès au cours du mois de juillet 2025 par rapport à la même période l’année dernière, avec une baisse de 25% en dehors des zones urbaines et de 5,2% au niveau national. Toutefois, en milieu urbain, une augmentation de près de 49% a été enregistrée, en raison principalement des accidents de la circulation impliquant des cyclomoteurs.

Garantir les droits des propriétaires de cyclomoteurs

Sur cette base, et après consultation et coordination avec le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, il a été décidé de revoir le contenu de la note susmentionnée, en accordant un délai suffisant aux propriétaires de motos afin de leur permettre de s’assurer que leurs véhciules sont conformes aux normes d’homologation, notamment en matière de respect de la cylindrée légale qui ne doit pas dépasser 50 centimètres cubes, ainsi que la vitesse maximale légale fixée à 50 km/h et leur remise en conformité, le cas échéant.

Lire aussi: Campagne de contrôle de conformité des cyclomoteurs reportée, voici pourquoi

La durée de ce délai sera déterminée en fonction de l’évolution de l’obtention des permis par les usagers après la réunion de la commission permanente de la sécurité routière et après des consultations approfondies avec l’ensemble des acteurs et intervenants concernés, qui seront supervisées par le ministère du Transport et de la Logistique.

Tollé des propriétaires des deux-roues 

Rappelons que la vaste opération de contrôle des cyclomoteurs, lancée début août dernier, avait provoqué un tollé au Maroc:des centaines de deux-roues saisis, des sanctions jugées disproportionnées et des voix qui se sont élevées contre une approche répressive sans solution sociale.

Des appels au boycott de la circulation et même à des annonces de manifestation dans plusieurs villes commencaient à circuler en ligne.

Une question parlementaire et des contradictions

La députée Fatima Tamni, membre de la Fédération de la gauche démocratique, avait interpellé le ministre du Transport sur cette opération “contradictoire et préoccupante”. Elle a souligné que les services compétents autorisent l’importation et la vente de ces engins, souvent non conformes ou facilement modifiables, tout en sanctionnant sévèrement les usagers qui les achètent en toute bonne foi.

Comment expliquer qu’un citoyen, qui acquiert une moto légalement sur le marché, soit le seul à assumer les conséquences, alors que la responsabilité incombe d’abord aux importateurs, distributeurs et instances de contrôle ?”, avait-t-elle dénoncé.

Des sanctions jugées disproportionnées

Les opérations de contrôle, basées sur la loi 52.05 relative au Code de la route et son article 157, se traduisent par des amendes allant de 5.000 à 30.000 DH, pouvant inclure la saisie du véhicule, voire des peines de prison.
Ces contrôles s’appuient sur l’usage du speedomètre, qui mesure la vitesse maximale pour détecter les modifications illégales.

Tamni avait rappellé que ces cyclomoteurs représentent le seul moyen de transport et de subsistance pour des milliers de jeunes, notamment les livreurs et travailleurs de la gig economy (économie à la tâche). Elle a également déploré l’absence de campagnes de sensibilisation nationales pour informer les citoyens des obligations techniques avant l’application de mesures coercitives.

La parlementaire avait ainsi réclamé une stratégie globale conciliant sécurité routière et protection du pouvoir d’achat, en ciblant la chaîne d’importation et de distribution, et en prévoyant des mécanismes d’accompagnement social pour les catégories vulnérables.

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