Le président de l’AMDH, Aziz Rhali, poursuivi pour « atteinte à l’intégrité territoriale »

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"Atteinte à l'intégrité territoriale" : Aziz Ghali accuse une campagne de diffamation
Aziz Ghali, président de l'Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), est apparu sur le podcast Talks 21 du site Arabi21 © DR.

Le tribunal de première instance de Rabat a décidé, ce mercredi, de reporter l’examen du procès contre le président de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), Aziz Rhali, accusé de «porter atteinte à l’intégrité territoriale du Royaume et à la sécurité publique».

Suite à une déclaration faite lors d’un entretien où il a abordé la question du Sahara marocain, Aziz Rhali est poursuivi par l’Association Al-Karama pour la défense des droits de l’Homme, basée à Tétouan, qui a déposé une plainte auprès du procureur du Roi près le tribunal de première instance de Tétouan. Cette plainte est motivée par ce que l’association considère comme une «atteinte à l’intégrité territoriale et une insulte envers le peuple marocain».

La plainte fait référence à des «déclarations graves portant atteinte à la cause nationale sacrée et à la dignité du peuple marocain, en diffusant un certain nombre de fausses informations et de calomnies, notamment en ce qui concerne les événements de Gdeim Izik et le dossier du Sahara marocain».

L’association estime que ces déclarations ne relèvent pas de la liberté d’opinion et d’expression, mais constituent plutôt une incitation et une menace à la sécurité et à la stabilité nationales, en cherchant à déstabiliser les faits établis judiciairement concernant les attaques auxquelles ont été confrontés des membres des forces de l’ordre, victimes des milices séparatistes. Elle demande également la dissolution de l’AMDH.

Ghali fâche

Interrogé récemment par l’animateur du podcast « Talks 21 » du site Arabi21 sur l’utilisation du terme «peuple sahraoui» dans les documents de l’AMDH, Rhali a rappelé que l’AMDH était favorable au droit à l’autodétermination pour le Sahara lors de son cinquième congrès. «Après l’engagement du Maroc dans les négociations avec le Front Polisario sous l’égide des Nations Unies, l’AMDH a pris la position de soutenir une solution négociée qui évite la guerre», a-t-il ajouté.

Lire aussi: Sahara: les déclarations hasardeuses d’Aziz Ghali créent une large controverse

Et de préciser que cette solution ne devait pas nécessairement être sous forme d’autonomie, s’interrogeant: «Pourquoi le Maroc devrait-il négocier si la seule solution était l’autonomie?». Pour lui, le processus de négociation devrait impliquer un dialogue continu, car l’objectif est d’arriver à un compromis respectant les intérêts de toutes les parties, sans qu’aucune en sorte perdante.

Il a également rejeté l’idée que les Nations unies soutiennent le plan d’autonomie proposé par le Maroc. «Si ce soutien existe, pourquoi les négociations continuent-elles alors?», s’est-il interrogé avant de nier que sa position soutient la thèse séparatiste de l’Algérie.

Les défenseurs des droits de l’Homme solidaires

Après ces déclarations, Rhali a été fortement critiqué par différents acteurs politiques et associatifs, mais il a également été au centre d’une vague de solidarité importante. Le Collectif marocain des organisations de défense des droits humains, notamment, a dénoncé l’attaque dont fait l’objet l’AMDH «en la personne de son président Aziz Rhali», la considérant comme une atteinte flagrante à la liberté d’opinion et d’expression et au travail des défenseurs des droits humains.

Pour sa part, l’Instance marocaine de soutien aux prisonniers politiques «Himam» a précédemment exprimé sa ferme dénonciation de ce qu’elle a qualifié de «campagne organisée contre le militant des droits humains Aziz Rhali, président de l’Association marocaine des droits humains», ainsi que les menaces et attaques accompagnant cette campagne, y compris l’activation de trolls électroniques et de «sites proches du pouvoir» pour mener des campagnes de diffamation et de menaces visant à nuire à son rôle militant et à sa sécurité.

L’examen de l’affaire a été reporté au 8 janvier 2025, avec un ordre de notification à l’AMDH.

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