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Majorité gouvernementale: une nouvelle polémique autour de l’interconnexion des barrages
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La cohésion de la majorité gouvernementale est de nouveau mise à l’épreuve. Mardi, l’attribution des mérites concernant la réalisation du projet d’interconnexion entre les barrages de Oued El Makhazine et Dar Khrofa à Larache, visant à assurer l’approvisionnement en eau potable de Tanger et des autres villes du nord, est à nouveau au cœur des discussions entre deux composantes de la majorité: l’Istiqlal et le RNI.
Alors qu’on pensait qu’avec la réunion des partis de la majorité gouvernementale du 29 janvier, les dissensions au sein de la coalition seraient apaisées, l’intervention du ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, mardi à la Chambre des représentants, a ravivé les tensions intra-majorité.
Contrairement au ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, qui avait annoncé la semaine dernière, lors d’une séance parlementaire, que son département collaborait avec celui de l’Agriculture sur le projet d’interconnexion des barrages de Oued El Makhazine et Dar Khrofa, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, Ahmed El Bouari, s’est attribué tous les mérites de ce projet.
Alors que le secrétaire général de l’Istiqlal avait précisé que les travaux finaux étaient en cours, Ahmed El Bouari, membre du Parti du Rassemblement national des indépendants (RNI), a annoncé mardi, sous la même coupole, que les travaux de ce raccordement hydraulique dans le nord étaient terminés, sans mentionner le département de Baraka et en insistant sur le fait que le projet avait été réalisé par son propre ministère.
Paternité du projet hydraulique en jeu
Alors que Baraka a adopté un ton courtois, El Bouari a revendiqué la paternité de l’achèvement des travaux. Lors de la séance de mardi, dédiée à la discussion du rapport de la Cour des comptes, l’ancien directeur de l’Irrigation et du développement agricole a déclaré que son ministère «a pris l’initiative, en coordination avec les autres intervenants, de réaliser les grands projets de raccordement entre les bassins hydrographiques, en particulier la première phase urgente du projet de raccordement entre les bassins de Sebou et d’Oued Abou Regreg», soulignant que «les travaux du projet de raccordement entre les barrages de Oued El Makhazine et Dar Khrofa, sur une longueur de 41 kilomètres, sont désormais terminés».
Le report de la visite du ministre de l’Équipement et de l’Eau au projet de raccordement hydraulique dans le nord, initialement prévue pour le 25 décembre dernier, a suscité des interrogations sur la relation entre ce retard et l’isolement des ministres du Parti de l’Istiqlal au Parlement lors de la session des questions mensuelles du 27 janvier.
Quelques jours plus tard, le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a confirmé que le ministre Baraka supervisera le lancement du projet une fois les tests relatifs aux canalisations d’eau terminés.
Course électorale en veilleuse!
Face à la polémique suscitée, le groupe parlementaire du Parti de l’Istiqlal a rapidement déposé une question orale urgente adressée à Nizar Baraka, lui permettant ainsi d’étaler ses réalisations concernant les projets de raccordement hydraulique. À la question orale urgente portant sur «l’avancement des travaux de raccordement entre les bassins hydrographiques pour faire face à la pression hydrique dans les zones menacées par la rareté de l’eau», le ministre a répondu lors de la session des questions orales de la semaine dernière.
Ces aller-retour prouvent une fois de plus que la fièvre de la course au « gouvernement du Mondial » ne s’est pas encore calmée, malgré la réunion du 29 janvier entre les leaders des partis de la majorité. Une source au sein de la coalition a confié à H24Info qu’un accord de principe avait été trouvé entre les partis, en l’occurrence l’Istiqlal, le RNI et le PAM, pour mettre en veilleuse la course électorale jusqu’à la fin de l’année 2025.
La même source a refusé de donner plus de détails, même sous le sceau de l’anonymat, précisant que l’objectif des partis du gouvernement était d’éviter l’éclatement de la majorité à un an et demi des élections législatives de 2026.
