L’Iran aspire à tirer profit de son soutien au "Polisario" pour étendre son pouvoir hégémonique…
Le PJD dénonce l’«agression américano-israélienne» contre l’Iran et alerte sur un risque de catastrophe nucléaire
Publié le
Le PJD a exprimé dimanche sa ferme condamnation de l’attaque militaire menée par les États-Unis contre l’Iran, un pays membre des Nations unies. Une attaque qui constitue, selon le parti, «une violation manifeste de la Charte de l’ONU et un mépris des lois et conventions internationales».
Le Secrétariat général du Parti Justice et développement (PJD) a dénoncé dimanche le soutien actif de Washington à l’agression israélienne contre l’Iran, matérialisée par le bombardement de trois installations nucléaires dans la République islamique, en violation flagrante du droit international.
Dans ce contexte, exprimant sa solidarité avec le peuple iranien face à l’«agression américano-sioniste», le parti met en garde contre une escalade militaire sans issue, susceptible d’engendrer «des conséquences catastrophiques sur les plans politique, économique et humanitaire». Il alerte notamment sur le risque de fuite de radiations nucléaires, qui pourrait — si le pire se produisait — toucher de nombreux pays et populations de la région.
Soutien renouvelé à la Palestine
Le PJD a tenu à rappeler que cette nouvelle agression ne doit pas occulter la guerre d’extermination, l’épuration ethnique, le blocus et la famine imposés par Israël à Gaza et en Cisjordanie.
Le parti réaffirme son soutien inconditionnel au peuple palestinien dans sa lutte légitime pour la libération de sa terre et l’établissement de son État indépendant avec Al-Qods Acharif (Jérusalem-Est) pour capitale. Il appelle les pays arabes et islamiques, ainsi que la communauté internationale, à agir de toute urgence pour mettre fin à cette guerre barbare, au siège et à la famine imposés à Gaza et à l’ensemble de la Palestine.
Le parti conclut en appelant à privilégier les intérêts communs de l’humanité, à faire preuve de sagesse, et à recourir aux mécanismes politiques et diplomatiques prévus par les chartes internationales pour régler les différends. Le PJD plaide pour un ordre mondial plus juste, capable de garantir la paix, la sécurité et de mettre fin à l’engrenage des conflits, des guerres et de leurs drames humains, sociaux et écologiques.
Benkirane sur la défensive
Le secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement (PJD), Abdelilah Benkirane, a tenté de son côté, dimanche à Fès, de justifier son soutien à la République des Mollahs, suscitant de vives réactions dans un contexte où le positionnement pro-iranien est perçu comme ambigu, notamment au regard des intérêts du Maroc.
Lors de son discours prononcé à l’occasion du congrès régional Fès-Meknès de son parti, l’ancien chef du gouvernement a affirmé son soutien inconditionnel au Maroc en cas de conflit bilatéral avec l’Iran, tout en exprimant une solidarité religieuse avec Téhéran face à ce qu’il qualifie d’«agression israélienne soutenue par les États-Unis». Il a vivement critiqué l’État hébreu, qu’il accuse de crimes de guerre, et prédit sa disparition «inévitable» de la région.
Face aux critiques croissantes, Benkirane a tenté de nuancer ses propos, affirmant qu’il n’y a pas de conflit actuel entre Rabat et Téhéran, mais un affrontement géopolitique opposant l’Iran à Israël. Il a également cherché à concilier loyauté nationale et solidarité islamique, déclarant: «Je soutiendrai toujours le Maroc contre toute puissance hostile, y compris l’Iran… mais uniquement si le différend est bilatéral».
Une position ambivalente
Malgré ses efforts de clarification, le chef de file des conservateurs n’a pas échappé à la contradiction. Il a lui-même reconnu les « dérives doctrinales » de l’Iran et ses « innovations religieuses« , tout en justifiant son soutien par des considérations religieuses: «L’Iran affiche la bannière de l’islam et soutient la cause palestinienne».
Cette déclaration intervient alors que Téhéran est régulièrement accusé par Rabat de soutenir le Polisario, via l’Algérie, ce que Benkirane n’a pas mentionné dans son intervention.
Une rhétorique religieuse à visée électorale?
Dans un ton messianique mêlant rhétorique islamique, références historiques et visions eschatologiques, Benkirane a violemment attaqué Israël, qualifié de «régime criminel» fondé sur le meurtre, le blocus et la faim. Il a comparé le sort futur d’Israël à celui des Croisés, des Mongols et des puissances coloniales, affirmant qu’il «n’a pas d’avenir dans la région».
Il a également rendu hommage aux figures historiques de la résistance palestinienne comme Yasser Arafat, Ahmed Yassine ou Abdel Aziz Rantissi, soulignant que la Oumma islamique reste féconde malgré les tentatives d’écrasement.
Un message anti-normalisation réaffirmé
Fidèle à sa ligne anti-normalisation avec Israël, le patron du PJD a lancé un avertissement à l’Occident et aux régimes arabes: «Si vous pensez qu’en détruisant l’Iran ou le Hamas, vous allez résoudre votre problème, vous êtes dans l’illusion. La Oumma compte plus de deux milliards d’individus.»
Ces propos, dans un contexte de recomposition géopolitique et de crise de légitimité électorale du PJD, semblent viser à ressouder la base militante du parti autour des grandes causes symboliques, à l’horizon des législatives de 2026.
