Formé en Algérie, Mohamad Elouali Akeik succède à Abdel Kader Taleb Omar, en fonction depuis… 15 ans.
Polisario: une pétition réclame le départ de Brahim Ghali
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Face à une contestation croissante, Brahim Ghali est de plus en plus fragilisé à la tête du Polisario. Une pétition lancée à Tindouf réclame un congrès extraordinaire pour élire une nouvelle direction et rompre avec les échecs de l’actuelle stratégie.
Rien ne va plus dans les camps de Tindouf. Entre la détérioration des conditions de vie des populations séquestrées, l’impasse politique persistante et l’anarchie sécuritaire croissante, la contestation contre la direction atteint un niveau inédit.
À l’approche du 52e anniversaire de la création du Front Polisario, une pétition lancée par un collectif de cadres et de dissidents appelle à l’élection d’une nouvelle direction pour « sauver la cause sahraouie ».
Les signataires réclament la tenue d’un congrès extraordinaire d’ici septembre 2025, précédé de l’adoption de textes juridiques garantissant une transition démocratique. Leur objectif : repenser la stratégie du Front, instaurer de nouvelles pratiques politiques et bâtir un consensus interne autour des principes de démocratie, bonne gouvernance et responsabilité générationnelle.
Cette initiative s’inscrit dans la lignée de l’appel lancé en juillet 2024 par Bachir Mustapha Sayed, frère du fondateur du Polisario, qui avait alerté sur la dérive autoritaire du mouvement sous Ghali et dénoncé l’échec stratégique de la reprise de la guerre contre le Maroc le 13 novembre 2020.
Brahim Ghali out
La pétition évoque une nécessaire rupture avec les pratiques passées, appelant à « l’élection d’une direction compétente, harmonieuse et légitime » et prônant le dialogue, la tolérance et la réconciliation.
Cette pétition intervient dans un climat tendu à Tindouf, marqué par des violences internes, des défections de combattants et une vague croissante de familles exprimant leur volonté de rejoindre le Maroc.
Face à cette situation instable, le chef du Polisario, Brahim Ghali, a convoqué une réunion d’urgence avec les hauts cadres du mouvement pour tenter de rétablir l’ordre. Le communiqué publié à l’issue de cette réunion désigne «l’ennemi et ses alliés» — une allusion directe au Maroc — comme responsables des troubles, tout en appelant à des mesures de «répression» pour rétablir la stabilité dans les camps.
Vers un classement comme terroriste ?
Les appels à classer le Polisario comme organisation terroriste se multiplient. Après le sénateur américain Joe Wilson, c’est au tour de Pierre-Henri Dumont, ancien député et cadre du parti Les Républicains, d’interpeller Emmanuel Macron à ce sujet. Dans une publication sur X, il a récemment déclaré: «L’Institut Hudson apporte un nouvel éclairage sur le Polisario. Utilisé par l’Algérie et l’Iran, allié du Hezbollah, ce mouvement menace la paix et la sécurité régionales. La France doit appeler les choses par leur nom: le Polisario est une organisation terroriste.»
Ces propos font écho à la position des États-Unis, qui ont récemment réitéré leur reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Lisa Kenna, haute responsable du département d’État, a rappelé que l’autonomie sous souveraineté marocaine reste «l’unique solution réaliste et durable au conflit».
Liens avérés avec le terrorisme
Les connexions de la milice avec des groupes terroristes sont de plus en plus documentées. Dans le Sahel, Abou Walid Al-Sahraoui, ex-membre du mouvement séparatiste, est devenu un émir affilié à Al-Qaïda avant d’être neutralisé. D’autres éléments ont rejoint les rangs du régime syrien de Bachar Al-Assad.
Notons que l’Algérie, protectrice de la milice armée, est impliquée directement dans ce genre d’appels. En 2021, Mokhtar Mediouni, ancien colonel de l’armée de l’air et aujourd’hui directeur de l’aéroport Houari Boumediene, avait publiquement appelé à «semer la panique au sein de la société marocaine» lors d’une émission télévisée.
Ces déclarations et agissements confirment les dérives extrémistes d’un mouvement en perte de vitesse, de plus en plus perçu par la communauté internationale comme un facteur d’instabilité, voire une menace directe à la paix dans la région.
