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«Chaos du recensement du cheptel» : le PPS demande une réunion urgente avec le ministre
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Le groupe parlementaire du Parti du progrès et du socialisme (PPS) à la Chambre des représentants a officiellement saisi le président de la Commission des secteurs productifs pour la tenue d’une réunion urgente en présence du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts. Motif : les « graves dysfonctionnements » relevés dans le recensement du cheptel national, et leurs répercussions sur les programmes publics de soutien aux éleveurs.
Selon le groupe parlementaire, les résultats du dernier recensement font apparaître un écart considérable avec les données que la même administration avait communiquées quelques mois auparavant.
Un écart « inquiétant » dans les chiffres officiels
Pour le PPS, ce décalage « ne peut être considéré comme une simple erreur technique » mais constitue plutôt la preuve d’un « manque de rigueur et de transparence » dans la gestion d’un secteur stratégique pour la souveraineté alimentaire du pays.
« Les incohérences révélées par le recensement confirment nos alertes antérieures », souligne le groupe, appelant à un examen approfondi des causes de ces divergences et de leur impact direct sur la crédibilité des politiques publiques.
Un programme de soutien sous la loupe
Le problème ne se limite pas au recensement. Pour le PPS, la manière dont est mis en œuvre le nouveau programme de soutien aux éleveurs risque d’aggraver les inégalités. Car si les chiffres de départ sont biaisés, la répartition des aides le sera aussi.
C’est pourquoi les députés insistent sur la nécessité de définir des critères clairs, fondés sur la professionnalisation, la transparence et l’équité, afin que les subventions bénéficient réellement aux petits éleveurs – ceux qui, jusqu’à présent, ont été les grands oubliés des dispositifs publics.
L’objectif affiché reste double : reconstituer le cheptel national, fortement réduit par la sécheresse et le coût exorbitant des aliments de bétail, et stabiliser les prix de la viande sur le marché intérieur, soumis à une flambée continue.
Une crise structurelle du secteur
Le débat intervient dans un contexte marqué par une crise profonde de l’élevage. Depuis plusieurs années, la succession des sécheresses, la rareté des pâturages et l’augmentation des intrants agricoles fragilisent le cheptel et poussent de nombreux petits exploitants à abandonner leur activité.
Cette situation a provoqué un recul inquiétant du nombre de têtes de bétail disponibles, et par ricochet une envolée des prix de la viande rouge, devenue inaccessible pour une partie croissante de la population. Le gouvernement a bien lancé des programmes d’appui, mais ceux-ci sont jugés inefficaces et inéquitables par l’opposition, qui dénonce un favoritisme en faveur de certains grands opérateurs au détriment des éleveurs vulnérables.
Un enjeu politique et social
Au-delà de l’aspect technique, la démarche du PPS traduit une volonté politique : celle de mettre en lumière les failles des politiques agricoles actuelles et de renforcer le rôle du Parlement dans le contrôle de l’action gouvernementale.
Pour l’opposition, il ne s’agit pas seulement d’une question d’élevage, mais d’un test de transparence et de responsabilité pour l’exécutif. Car derrière les chiffres et les subventions, ce sont la sécurité alimentaire, la souveraineté nationale et la paix sociale qui sont en jeu.
Si la réunion demandée est acceptée, elle s’annonce particulièrement animée. Le ministre de l’Agriculture devra expliquer pourquoi les chiffres officiels divergent autant, et quelles garanties son département peut donner pour que les aides soient distribuées de façon équitable et efficace.
Le « chaos du recensement du cheptel » illustre les limites d’une gouvernance agricole souvent accusée d’improvisation et d’opacité, selon le parti d’Ali Yata. Pour le PPS, il est urgent de remettre de l’ordre dans les chiffres et de réorienter le soutien public vers ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les petits éleveurs, garants de la résilience du secteur et de l’accessibilité de la viande rouge aux consommateurs.
