La justice a réduit mercredi en appel la peine d'une militante des droits humains à…
Un an après la grâce royale, la militante Saïda El Alami de nouveau arrêtée
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Les autorités marocaines ont procédé, mardi 1er juillet, à l’arrestation de Saïda El Alami, activiste connue pour ses prises de position critiques sur les réseaux sociaux. Ce jeudi, elle comparaît devant le parquet.
Son interpellation intervient près d’un an après sa libération dans le cadre d’une grâce royale, accordée en juillet 2024 à plusieurs détenus d’opinion.
Selon des sources bien informées, Saïda El Alami devrait être présentée devant le parquet ce jeudi 3 juillet 2025, bien que la nature des charges qui pèsent contre elle demeure inconnue à ce stade.
Des acteurs associatifs et des défenseurs des droits humains estiment cependant que son arrestation pourrait être liée à des publications récentes sur Facebook. D’autres disent qu’elle est essentiellement liée à des vidéos dans lesquels elle «insulte les institutions, en particulier les forces de l’ordre».
Sa famille a été informée de son arrestation par les autorités de Casablanca dans la matinée du mardi, indiquent les mêmes sources.
Saïda El Alami ciblée pour ses opinions ?
Figure critique sur les réseaux sociaux, El Alami s’était illustrée ces dernières années par des publications dénonçant les dérives sécuritaires et soutenant les détenus d’opinion, notamment les militants du Hirak du Rif et les journalistes détenus comme Taoufiq Bouachrine, Soulaimane Raissouni et Omar Radi.
En juillet 2024, elle avait bénéficié d’une grâce royale à l’occasion du 25e anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI, après avoir passé deux années en prison à la suite de deux condamnations totalisant trois ans et huit mois de détention.
Sur les réseaux sociaux, certains de ces détracteurs disent que «la grâce royale n’est pas une carte blanche» et «ne peut en aucun cas permettre au bénéficiaire de se lancer dans des insultes systématiques des institutions».
Des condamnations pour « outrages »
En septembre 2022, la Cour d’appel de Casablanca avait porté la peine de Saïda El Alami de deux à trois ans de prison, pour les motifs suivants: outrage à une institution réglementée par la loi, outrage à des agents publics dans l’exercice de leurs fonctions, atteinte au respect dû aux décisions judiciaires et diffusion d’allégations mensongères dans le but de nuire à la réputation de tiers.
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En octobre 2023, un second jugement à son encontre avait réduit sa peine de deux ans à huit mois de prison, pour des déclarations jugées «offensantes à l’égard du Roi et de l’institution judiciaire».
À chaque étape de son parcours judiciaire, El Alami a défendu son droit à la liberté d’expression, affirmant que ses propos relevaient d’un exercice légitime de critique citoyenne à l’égard des institutions publiques.
Sa comparution devant le parquet ce jeudi sera décisive pour éclairer l’opinion publique sur les véritables raisons de cette interpellation.
