Quand Saad Lamjarred met “Les Impériales” dans l’embarras 

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Saad Lamjarred lors des Impériales Week 2025
Saad Lamjarred lors des Impériales Week 2025

Lors de la 8e édition des Impériales Week, le prix Love Brand 2025 de la catégorie « Célébrités » a été décerné à Saad Lamjarred. Plusieurs organisations ont dénoncé cette distinction dans une lettre ouverte adressée aux organisateurs, rappelant que le chanteur a été condamné pour viol aggravé en France.

Comme chaque année, l’association Les Impériales organise un événement qui récompense les professionnels du marketing, de la communication, des médias, de la publicité et du digital. La 8e édition s’est déroulée entre la fin du mois de janvier et le début de février. 

Si cet événement est plébiscité par nombre de médias, une récompense a créé une vive polémique avec la 3e place du prix Love Brand 2025 de la catégorie « Célébrités » décernée à Saad Lamjarred. Une distinction qui ne passe pas auprès d’un collectif d’organisations féministes marocaines.

 

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Pour rappel, Saad Lamjarred a été condamné par la Cour d’assises de Paris à 6 ans de prison pour viol aggravé. Sa défense, assurée alors par Éric Dupond-Moretti, a interjeté appel lui garantissant la liberté provisoire depuis avril 2023. Ce n’est pas l’unique affaire judiciaire liée au viol du tristement célèbre chanteur marocain. 

La première remonte à 2010 aux Etats-Unis où il a été incarcéré avant que la plaignante ne décide de résoudre l’affaire loin des tribunaux. En 2016, une nouvelle affaire de viol a éclaté après que sa victime, une franco-marocaine, a porté plainte pour des faits qui auraient eu lieu à Casablanca en 2015. Cette dernière a finalement décidé de retirer sa plainte avançant de lourdes pressions des proches de l’artiste. Même chose en 2018 où une femme accusait le chanteur d’abus sexuel à Saint-Tropez cette fois.

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“Vivement consternés”, des militants de différentes associations et collectifs rappellent, dans une lettre ouverte que Lamjarred est “reconnu coupable de viol aggravé, et en attente de son procès en appel”. Selon le collectif, le fait de récompenser le chanteur l’association “contribue à propager la culture du viol, c’est-à-dire, l’ensemble des attitudes et des comportements qui banalisent, excusent ou justifient les violences sexuelles”. 

Parallèlement, plusieurs internautes ont exprimé leur colère après cette récompense à travers des commentaires sous les publications sur la page officielle des Impériales. Ces commentaires ont par la suite été supprimés par les administrateurs de la page. 

À ce sujet, les signataires de ladite lettre répliquent: “Nous sommes d’autant plus affligé.e.s que, en réponse aux réactions indignées du public sur vos réseaux sociaux, votre association a choisi d’effacer certains commentaires exprimant une colère légitime… La suppression de ces commentaires est vue comme une tentative de faire taire les voix qui s’opposent à la culture du viol, renforçant ainsi le sentiment d’impunité et de silence autour des violences sexuelles”.

Pour rappel, Les Impériales Week est un événement de grande envergure qui se voit accompagner par plusieurs partenaires médias dont certains institutionnels, ce qui lui donne encore plus de visibilité. Dans ce sens, le collectif de militants s’interroge sur l’implication de ces derniers et “leur engagement en faveur des droits des femmes et des luttes contre les violences”.

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Pour conclure, les signataires demandent à l’association, à travers son président fondateur, Anouar Sabri, de retirer immédiatement le prix remis à Saad Lamjarred tout en supprimant “toutes les publications visant à la promouvoir”. Concernant la censure des commentaires susmentionnés, ils réclament le respect des réactions du public. 

La lettre en question compte plus de 100 signatures de la part de plusieurs associations et organisations à l’image de l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) ou encore l’association INSAF. Rim Akrache, Chaimae Bentananat, Sarah Benmoussa, Younes Lazrak, Souhail Chentouf ainsi que de nombreux militants ont rejoint la cause. 

La réponse des Impériales

Dans une réponse parvenue à la rédaction de H24Info, l’association Les Impériales, tout en affirmant « comprendre pleinement » les préoccupations des signataires du courrier, a tenu à « clarifier plusieurs points relatifs à la méthodologie de l’étude Love Brand et réaffirmer son engagement en faveur de valeurs éthiques fondamentales« .

« Le palmarès Love Brand repose sur une enquête indépendante menée chaque année, fondée sur une méthodologie rigoureuse. Il s’agit donc d’un sondage spontané et non dirigé, conçu sans liste préétablie ni suggestions. Autrement dit, ce sont les répondants eux-mêmes, de manière autonome et sans aucune orientation, qui expriment librement leurs préférences« , souligne l’association.

« L’association Les Impériales ne sélectionne, n’influence, ni ne modifie les résultats obtenus. Nous nous limitons à leur publication en accord avec nos principes de transparence« , poursuit le communiqué, qui précise que depuis sa création, l’association a toujours placé les valeurs d’égalité et de respect au cœur de ses actions, en veillant à promouvoir une représentation équilibrée et responsable des personnalités publiques.

L’association reconnaît néanmoins que certains résultats peuvent soulever des interrogations ou susciter des sensibilités particulières. En réaction, elle annonce le lancement d’une « réflexion interne » sur l’intégration de critères éthiques spécifiques dans le processus de promotion des contenus, « tout en respectant l’essence du vote du public« .

Elle annonce également que « la promotion de cette distinction a été retirée de ses plateformes« , et se dit ouverte « à toute réflexion permettant de favoriser un débat ouvert et équilibré« .

Enfin, remerciant les signataires de la lettre ouverte « pour leur engagement et leur contribution précieuse à ces débats essentiels« , l’Association Les Impériales réaffirme sa volonté « d’agir avec responsabilité et d’évoluer dans ses pratiques pour mieux répondre aux attentes du public et des parties prenantes« .

Cette réponse, et la « réaction » de l’Association mettront-t-elles fin à la polémique?

 

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