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Retour de Trump: les Marocains du Canada partagés entre inquiétude et optimisme
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Depuis son élection, Donald Trump a semé la panique au Canada avec ses menaces douanières et ses déclarations provocatrices. De quoi inquiéter tout le monde, surtout pour les Marocains installés au pays de l’érable. H24info a recueilli quelques témoignages.
L’investiture de Donald Trump a été mal accueillie pour certains Marocains installés au Canada. Incertitude et incompréhension l’ont emporté après le discours du 47e président américain, nourri de menaces et d’annonces fracassantes qui ne peuvent être sans conséquences sur le voisin des Etats-Unis, le Canada. Présents dans le pays de l’érable depuis de nombreuses années ou tout juste arrivés, nombreux sont ceux qui nous ont fait part de leurs craintes.
«Il y a un mélange de tristesse, de colère, puis d’incertitude. Depuis son élection, on s’était préparé psychologiquement au retour de Trump à la Maison-Blanche. Mais nous étions sur un nuage avant que son discours d’investiture ne nous fasse tomber sur terre», nous confie Nadia, caissière dans une chaîne de magasins au New Brunswick qui a écourté sa pause déjeuner pour s’entretenir avec nous. Depuis son arrivée en janvier 2024, elle occupe un poste temporel avec la promesse d’une future embauche à plein temps. «En cas de récession, je serai en première ligne des personnes qui risque de sauter», s’inquiète-t-elle.
Si Trump n’a pas précisé ses intentions dans son discours d’investiture, il a en revanche affirmé durant sa campagne électorale qu’il instaurerait des droits de douane de 25% sur les importations venues du Canada. Mais Nadia n’est pas la seule à s’interroger sur les conséquences du retour au pouvoir du milliardaire.
L’inquiétude gagne également Soufiane qui, depuis avril 2024, est à la recherche d’un emploi dans les finances. «Le premier obstacle que j’ai rencontré ici, à Bathurst, c’est la barrière linguistique. J’accumule des années d’expériences au Maroc, mais uniquement en Français. J’ai découvert qu’ici l’Anglais est obligatoire. Depuis, j’essaie de m’améliorer dans la langue de Shakespeare. Mais avec l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche, je crains de voir les opportunités de carrières dans mon domaine devenir encore moins évidentes», dit-il d’un ton maussade.
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D’autres restent plus sereins. Comme Abdellah, installé depuis plusieurs années à Montréal où il officie comme aide soignant, voit dans le retour de Trump comme un air de déjà vu. «Personnellement, je ne crois pas qu’il y aura un grand impact sur notre quotidien. Le Canada peut riposter aux barrières douanières américaines. Les deux pays n’ont pas intérêt à se déclarer la guerre commerciale. Ce n’est vraiment pas le souci… C’est surtout l’ambiance que dégage son retour aux affaires qui gène. On a un sentiment de malaise qui met les gens sur les nerfs avec la banalisation des discours radicaux», nous dit ce MRE, arrivé au Québec dans les années Trump.
Pour Sara, une employée d’un organisme public québécois, le retour du milliardaire n’est pas forcément une menace. «La vie politique canadienne, y compris au Québec, vit une période de troubles marquée par des fissures et des divisions au sein même des partis. Trump pourrait les unir contre lui. Et ça serait une bonne chose pour les Canadiens», nous confie-t-elle.
Elle n’était pas certaine que Trump mettrait à exécution ses menaces de tarifs douaniers. Il s’agit, estime-t-elle, d’une approche musclée qu’il avait déjà adoptée. C’est une «monnaie d’échange» avant les négociations commerciales attendues entre les deux pays. Cette jeune marocaine, également syndicaliste, avoue qu’elle reste optimiste quant aux relations entre les États-Unis et le Canada.
Actuellement, 2,3 millions d’emplois locaux dépendent des exportations vers les États-Unis, selon la Chambre de commerce du Canada. Une partie de ces postes risque de disparaître si Donald Trump met en œuvre sa menace d’imposer des tarifs douaniers de 25 % sur les importations canadiennes.
