Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a démenti, dans son nouveau rapport au Conseil…
Sahara marocain: Guterres appelle à un “changement urgent de cap”
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António Guterres alerte: le conflit du Sahara, vieux de près de 50 ans, devient “insoutenable” et menace la stabilité régionale s’il n’y a pas de solution politique.
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a tiré la sonnette d’alarme dans son rapport annuel sur la question du Sahara marocain, avertissant qu’un conflit vieux de près d’un demi-siècle est désormais « non viable » et constitue une menace croissante pour la stabilité régionale.
Présenté à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité, ce document de sept pages couvre la période du 1er juillet 2024 au 30 juin 2025 et sera au centre des discussions diplomatiques de la 80ᵉ session onusienne.
Des incidents préoccupants
Le rapport dresse un état des lieux alarmant de la situation sur le terrain. Guterres souligne la persistance d’affrontements de faible intensité entre le Maroc et le Front Polisario, notamment dans la zone de Mahbes, où des échanges de tirs se poursuivent régulièrement. Il signale également la chute de projectiles à proximité d’Es-Smara, une ville située non loin du mur de défense marocain.
Plus inquiétant encore, Guterres fait état d’informations sur des frappes aériennes présumées à l’est du mur de sables, ayant causé la mort de 11 personnes originaires de Mauritanie, du Mali et du Soudan. Ces incidents illustrent, selon lui, la gravité d’un statu quo devenu intenable. « La situation actuelle ne peut plus durer », avertit-il, appelant toutes les parties à éviter une escalade qui pourrait embraser la région.
Malgré ces tensions, le rapport note quelques améliorations dans la mobilité des équipes de la Mission des Nations unies pour le Sahara (MINURSO), bien que des contraintes logistiques continuent de limiter ses capacités d’action.
Un processus politique sous haute tension
Sur le plan diplomatique, Guterres salue les efforts soutenus de son envoyé personnel, Staffan de Mistura, qui a multiplié les démarches en 2024 et 2025. Ce dernier s’est rendu à Rabat, Alger, Nouakchott et dans les camps de Tindouf, tout en engageant des consultations avec des capitales influentes telles que Paris, Berlin, Bruxelles, Londres, Rome et Washington.
Deux exposés présentés devant le Conseil de sécurité en octobre 2024 et avril 2025 ont permis de maintenir une dynamique politique, mais les divergences entre les acteurs demeurent profondes. Rabat campe sur sa proposition d’autonomie sous souveraineté marocaine, jugée « sérieuse et crédible » par plusieurs membres permanents du Conseil, tandis que le Polisario soutenu par l’Algérie persiste à réclamer l’autodétermination. Une chose est sûre, le rapport de sept pages ne mentionne aucunement le terme « référendum ».
Bien qu’il ait écarté cette piste de ses schémas, Guterres a quand même exhorté les quatre parties – Maroc, Polisario, Algérie et Mauritanie – à « changer de cap de toute urgence » et à s’engager dans des négociations « sans conditions préalables ».
Camps de Tindouf : une crise humanitaire aggravée
Le rapport consacre une large partie à la situation humanitaire dans les camps de Tindouf, en Algérie, où vivent des dizaines de milliers de réfugiés depuis plusieurs décennies. Il alerte sur une aggravation des conditions de vie due au manque de financement.
Pour 2025, les besoins sont estimés à 103,9 millions de dollars, mais les contributions restent insuffisantes, avec un impact direct sur la nutrition, la santé, l’éducation et les programmes destinés à la jeunesse. Les femmes et les enfants sont les plus vulnérables face à cette crise prolongée.
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Une mission des bailleurs de fonds organisée en mai dernier a tenté d’élargir la base de soutien en associant pour la première fois des acteurs privés. Cependant, Guterres regrette que les mesures de confiance prévues par la résolution 1282 (1999), telles que les visites familiales, soient toujours suspendues, privant ainsi des milliers de familles de contacts avec leurs proches.
Un conflit bientôt cinquantenaire : « Le moment d’agir, c’est maintenant »
En conclusion, António Guterres avertit que le différend autour du Sahara marocain, qui approche de son cinquantième anniversaire, menace gravement la stabilité du Maghreb et du Sahel. Il appelle ainsi à «accélérer les efforts diplomatiques» pour parvenir à une solution politique «juste, durable et mutuellement acceptable».
Il rend par ailleurs hommage au travail de Staffan de Mistura et du chef de la MINURSO, Alexander Ivanko, pour leur engagement dans des conditions «particulièrement difficiles». Ce rapport sera l’un des textes de référence lors des débats onusiens de septembre, où les positions des États membres s’annoncent tranchées.
«Le moment d’agir, c’est maintenant», martèle Guterres, rappelant que toute nouvelle escalade pourrait avoir des conséquences dramatiques pour la paix et la sécurité internationales.
