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Sahara marocain: un projet de « partition » soumis à l’ONU rejeté par le Maroc et le Polisario
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Un projet de « partition » du Sahara marocain a été soumis au Conseil de sécurité de l’ONU, mais pour être « catégoriquement » rejeté jeudi par le Polisario.
Lors d’un Conseil à huis clos mercredi soir, l’émissaire des Nations unies pour le Sahara, Staffan de Mistura a dit avoir, « en toute discrétion, repris et réactivé avec toutes les parties concernées le concept de partition du Territoire », selon ses propos non rendus publics et dont l’AFP a pris connaissance jeudi.
Vaste étendue désertique de 266.000 km2 au nord de la Mauritanie, le Sahara est contrôlé par le Maroc à plus de 80% à l’ouest, le Front Polisario moins de 20% à l’est, le tout étant séparé par un mur de sable et une zone tampon sous contrôle de Casques bleus de l’ONU. Le conflit dans la région dure depuis 1975.
Depuis 2007, Rabat propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté, tandis que les indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger, exigent un référendum d’autodétermination prévu par l’ONU lors de la signature en 1991 d’un cessez-le-feu, mais jamais concrétisé.
De Mistura, diplomate italo-suédois de 77 ans, est depuis trois ans l’envoyé personnel du secrétaire général Antonio Guterres pour ce territoire. Des hostilités de basse intensité ont repris en novembre 2020 entre le Polisario et le Maroc à la suite du déploiement de troupes de Rabat dans la zone tampon pour en déloger des indépendantistes.
« Etat indépendant »
Ce projet de « partition », a vanté M. de Mistura, « permettrait, d’une part, de créer un Etat indépendant dans la partie sud, et d’autre part, d’intégrer le reste du Territoire comme une partie du Maroc sur laquelle sa souveraineté sera reconnue internationalement ».
Il a toutefois dit « regretter » que « ni Rabat, ni le Front Polisario » n’aient exprimé le moindre « signe de volonté » d’aller plus loin dans les consultations. Ni le Maroc, ni l’Algérie n’ont réagi.
Nommé en octobre 2021, M. de Mistura était encore au début du mois dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf, en Algérie, avec des responsables du Polisario. Mais le processus reste bloqué.
Blocage
L’ONU surveille sur place via la Minurso (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental): son mandat a été renouvelé jusqu’au 31 octobre 2025 à l’issue d’un Conseil de sécurité le 30 octobre, grâce à la « recommandation » de M. Guterres contenu dans son rapport mis en ligne jeudi.
De son coté, Rabat engrange les soutiens. Fin 2020, les Etats-Unis présidés alors par Donald Trump avaient reconnu sa souveraineté sur le Sahara occidental, suivis par l’Espagne, l’Allemagne, puis en juillet par le président français Emmanuel Macron, qui a fâché l’Algérie.
