Une même peine de 20 ans de prison assortie d'une période de sûreté des deux…
Salah Hachad, pilote survivant de Tazmamart, s’éteint à 87 ans
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Salah Hachad, ancien pilote militaire rescapé de l’infernal bagne de Tazmamart, est décédé à 87 ans. Sa disparition ferme un chapitre douloureux de l’histoire marocaine, marqué par les années de plomb et les témoignages glaçants des survivants de ce centre secret.
À l’âge de 87 ans, Saleh Hachad, ancien pilote militaire et l’un des prisonniers de la tristement célèbre prison de Tazmamart, est décédé dimanche à Kénitra. Son parcours et ses témoignages ont permis de révéler les conditions inhumaines de détention après la tentative de coup d’État de 1972 contre feu le roi Hassan II.
Un pilote d’exception et une carrière militaire remarquable
Né dans les années 1930, Salah Hachad avait suivi sa formation à l’école militaire de Marrakech, avant de piloter des avions soviétiques et de se perfectionner aux États-Unis, où il termina premier de sa promotion dans les années 1960. Hachad était en compagnie d’un pilote jordanien les premiers à avoir piloté un F5.

De retour au Maroc, il gravit les échelons et devint chef des opérations à la base aérienne de Kénitra, supervisant les missions aériennes quotidiennes.
L’implication involontaire de Hachad dans le coup d’État
Le 16 août 1972, Salah Hachad (32 ans) se trouva à la tête d’un escadron de six avions lors de la tentative de coup d’État contre le roi Hassan II, sans avoir connaissance que des avions étaient armés et que la cible visée était l’avion royal.
Hachad avait initialement été condamné à mort, mais sa peine fut commuée à 20 ans de prison après qu’il ait été établi qu’il n’avait pas connaissance de la mission réelle.
Tazmamart, un « témoignage d’une époque »
Durant sa détention de 18 ans à Tazmamart, Hachad réussit à faire parvenir des messages à l’extérieur via sa femme, Aïda, qui coordonna avec d’autres familles pour alerter le monde sur les conditions inhumaines des prisonniers.

Hachad s’est distingué par sa volonté de faire entendre la voix des prisonniers, transformant son vécu en témoignage historique sur une page sombre de l’histoire contemporaine du Maroc.
L’ancien pilote militaire sera inhumé dimanche après la prière d’Asr à Kénitra, laissant derrière lui un héritage de résilience et de témoignage sur les atrocités de Tazmamart.
