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Santé: Tehraoui se défend et annonce la feuille de soins électronique pour 2026
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Suspension d’aide aux cliniques privées, feuille de soin électronique, déclaration houleuse… Autant de sujets sur lesquels le ministre de la Santé Amine Tehraoui est revenu lundi soir sur le plateau de 2M.
Invité sur le plateau de 2M, Amine Tehraoui a d’emblée expliqué que sa déclaration «Va à Rabat et proteste», tenu lors d’une visite à Meknès et qui a suscité une vive polémique, visait à encourager un responsable local à signaler directement les blocages administratifs au ministère, en cas d’inaction des relais régionaux. Il a dénoncé une situation qu’il juge alarmante: manque de médicaments, appareils médicaux hors service, absence de coordination entre les services.
Après avoir donc clarifié son propos, le ministre a réaffirmé sa volonté de réforme. En poste depuis moins d’un an, il assume vouloir rompre avec les pratiques bureaucratiques, affirmant ne pas pouvoir accepter les conditions actuelles, ni comme ministre, ni comme citoyen, et soulignant que le personnel médical lui-même vit cette situation comme une injustice.
Pour Tehraoui, le privé est déjà rentable
Au-delà de la polémique, le ministre a confirmé la suspension de plusieurs dossiers d’aides publiques destinées à des cliniques privées. Sept établissements sont concernés. Il a demandé à la Commission nationale des investissements de geler ces soutiens, le temps de réévaluer les critères d’attribution.
Le ministre ne rejette pas le partenariat public-privé, mais interroge sa logique: «Le secteur privé est déjà rentable. Les patients y vont et la CNSS rembourse. Pourquoi continuer à le subventionner?» Il a indiqué souhaiter désormais conditionner les appuis à des engagements concrets, notamment dans les régions sous-dotées, où le manque de médecins reste préoccupant.
Santé: confusion autour de subventions aux cliniques privées
Selon le bilan qu’il a dressé, le Maroc compte 177 hôpitaux publics contre 453 cliniques privées. Casablanca-Settat concentre à elle seule 27 hôpitaux pour 142 cliniques, suivie par Rabat-Salé-Kénitra (70 cliniques) et Marrakech-Safi (54). À l’inverse, des régions comme Drâa-Tafilalet, Béni Mellal-Khénifra ou le Sud du pays accusent un retard criard. Pour le ministre, l’investissement doit suivre les besoins du citoyen, et non le rendement économique.
Feuille de soins électronique, premier pas d’une réforme à visage humain
Dans cette logique de réforme, le ministère de la Santé a annoncé le lancement de la feuille de soins électronique à partir de 2026. Cette mesure, qui vise à simplifier le parcours de soins, à réduire les délais de remboursement et à renforcer la traçabilité des actes médicaux, s’inscrit dans le chantier plus large de transformation numérique du système de santé, en lien avec la généralisation de la couverture médicale.
Le projet, piloté par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), prévoit une interconnexion entre les professionnels de santé, les établissements hospitaliers et les organismes payeurs. Il permettra aux assurés de ne plus transmettre de documents papier pour obtenir leurs remboursements. Les tests techniques sont en cours et les premières expérimentations sont attendues en 2026, avec une généralisation progressive, apprend-on.
Au sortir de cet exercice, on retient du garant du bon fonctionnement du système sanitaire marocain une volonté d’agir «sans filtre», quitte à déranger. Son plaidoyer s’articule autour d’une refonte du rapport entre l’État et les citoyens dans le domaine de la santé, fondée sur des actes concrets et une redistribution équitable des ressources. «Les Marocains n’attendent plus des promesses, mais des résultats», a-t-il conclu.
