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Obésité: le Maroc dans le top 10 africain, selon un rapport
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Le Maroc est l’un des dix pays africains les plus touchés par l’obésité en 2025. Une tendance inquiétante qui soulève des défis majeurs en matière de santé publique.
Selon un rapport publié par The African Exponent, le Maroc figure désormais parmi les dix pays africains les plus touchés par l’obésité en 2025. Avec un taux d’obésité adulte estimé à 13,79 %, le Royaume se classe 9ᵉ sur le continent, juste derrière Maurice et devant l’Afrique du Sud.
Ce chiffre, en hausse constante, reflète une transformation profonde des modes de vie, particulièrement dans les grandes villes comme Casablanca, Rabat et Marrakech. L’urbanisation rapide, la généralisation des emplois sédentaires, et l’accès facilité aux aliments ultra-transformés ont bouleversé les habitudes alimentaires. Les plats traditionnels cèdent progressivement la place aux produits industriels riches en sucres et en graisses, souvent plus accessibles et moins coûteux.
Le rapport souligne également une disparité marquée entre les milieux urbains et ruraux. Si les campagnes conservent encore une certaine attache aux aliments de base traditionnels, l’influence des produits emballés et des boissons sucrées y gagne du terrain, modifiant les comportements alimentaires sur plusieurs générations.
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Autre constat préoccupant: les femmes sont nettement plus touchées que les hommes. Cette différence, souvent deux fois plus élevée, s’explique par des normes culturelles liées à l’image corporelle, mais aussi par un accès limité aux espaces d’activité physique et à des programmes de santé adaptés.
Les données officielles du ministère de la Santé et de la Protection sociale confirment cette tendance. Selon le Plan national de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles, 29,8% des adultes marocains sont en situation d’obésité, et 53% présentent un surpoids. Ces taux sont en constante augmentation depuis 2017, avec une progression particulièrement marquée chez les femmes (36%) par rapport aux hommes (18%), et dans les zones urbaines (32%) par rapport aux zones rurales (22%).
Obésité, des chiffres qui inquiètent
Le ministère estime également que près de 80% des cas de diabète de type 2 sont liés à un excès de poids, tout comme une part importante des maladies cardiovasculaires et de certains cancers. En 2023, les maladies non transmissibles ont représenté plus de 80% des décès au Maroc, dont une part croissante est attribuée à des facteurs liés à l’obésité.
Obesity in Africa reflects shifting diets, urban growth, and cultural change. Egypt, Libya, and Seychelles show how nations confront health through policy and tradition.https://t.co/ecOXpMPa3i
— The African Exponent (@africanexponent) September 4, 2025
Face à cette situation, le Maroc a multiplié les initiatives. Des campagnes nationales de sensibilisation à l’alimentation équilibrée et à l’activité physique ont été lancées. Des projets d’aménagement urbain ont introduit des espaces de marche et de loisirs dans plusieurs villes. Les écoles, quant à elles, commencent à revoir leurs politiques alimentaires en limitant l’accès aux snacks sucrés et en valorisant les repas traditionnels.
Ces efforts s’inscrivent dans une dynamique régionale. À l’image de l’Égypte, qui a instauré une taxe sur les boissons sucrées, ou de l’Afrique du Sud, pionnière dans la réforme des cantines scolaires, plusieurs pays africains prennent des mesures concrètes pour freiner la progression de l’obésité.
Pour le Maroc, le défi est double: prévenir les maladies non transmissibles comme le diabète et l’hypertension, tout en réhabilitant les pratiques alimentaires locales et en adaptant les politiques publiques aux réalités sociales et culturelles du pays. L’obésité n’est plus un enjeu individuel, mais une question de santé publique, de justice sociale et de durabilité.
